2023

HORUS

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Contexte

Grâce aux progrès thérapeutiques réalisés en oncologie pédiatrique, les taux de survie globale à 5 ans ont considérablement augmenté, dépassant aujourd’hui 80 % chez les enfants et les adolescents, mais au prix de traitements souvent intensifs, responsables de séquelles et complications tardives fréquentes, altérant leur qualité de vie et cause de mortalité prématurée. On estime le nombre d’adultes vivants en France et guéris d’un cancer pédiatrique à environ 50 000 aujourd’hui. La prise en charge à long terme de ces adultes est donc devenue un enjeu majeur de santé publique, intégré au Plan cancer depuis 2014 et renforcé dans la Stratégie décennale de lutte contre les cancers 2021-2030.

Depuis les années 2000, les traitements médicamenteux innovants en cancérologie – thérapies ciblées, immunothérapies et thérapies cellulaires avec cellules génétiquement modifiées – ont été introduits en pédiatrie, initialement pour traiter les pathologies à plus mauvais pronostic, et maintenant de manière beaucoup plus large. Néanmoins, les effets à long terme de ces traitements restent largement méconnus. En effet, les grandes cohortes de survivants à 5 ans de cancers pédiatriques, qui servent de base aux études épidémiologiques sur les séquelles des anticancéreux, incluent principalement des patients traités entre 1950 et 2000, n’ayant donc pas été exposés à ces agents innovants.

Analyser la toxicité en vie réelle des agents innovants utilisés chez les enfants, adolescents et jeunes adultes est indispensable pour définir dans l’avenir les modalités de suivi de ces patients, en particulier en prenant en considération leurs associations possibles aux traitements anticancéreux conventionnels incluant la chimiothérapie et la radiothérapie. 

 

Objectif

Le projet Horus est porté par l’Institut Gustave Roussy, l’Institut Curie, le Centre Léon Bérard et le Centre Oscar Lambret, en partenariat avec l’Inserm.

L’objectif principal du projet est d’évaluer, en conditions réelles, la mortalité et la morbidité des patients ayant été exposés à des agents thérapeutiques innovants durant l’enfance, l’adolescence ou au début de l’âge adulte, en s’appuyant sur la constitution d’une large cohorte rétrospective de patients traités avant l’âge de 26 ans pour un cancer entre 2000 et 2025, et suivis prospectivement grâce en particulier aux données de l’assurance maladie (base principale du SNDS).

Cette cohorte permettra une analyse approfondie des toxicités induites par ces traitements. Elle contribuera également à répondre aux exigences réglementaires des titulaires d’autorisation de mise sur le marché en fournissant des données essentielles sur la sécurité à long terme de ces innovations thérapeutiques.

 

Méthodologie et caractère innovant

À ce jour, aucune cohorte de patients traités par médicaments innovants à l’âge pédiatrique a été mise en place en Europe. Le projet Horus est donc un projet pilote visant à démontrer la faisabilité de la constitution d’une telle cohorte à l’échelle de quatre centres de lutte contre le cancer avant un déploiement à l’échelle nationale, puis internationale dans le cadre de l’initiative collaborative internationale ACCELERATE.

Dans le cadre de ce projet, des algorithmes seront développés pour identifier, dans la base principale du SNDS, les patients exposés aux nouveaux médicaments administrés en oncologie pédiatrique. Ces derniers s'appuient sur un répertoire des médicaments anticancéreux approuvés depuis 2000 par l’Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM), ainsi que les instances européennes. Les toxicités (seconds cancers, par exemple) seront également identifiées dans la base principale du SNDS grâce à des algorithmes développés au sein de l’équipe Inserm.

L’impact de l’exposition à ces nouveaux agents thérapeutiques sur des toxicités observées à long terme sera analysé en comparant les patients exposés et non exposés à ces agents. L’interaction possible entre ces médicaments innovants et les thérapeutiques conventionnelles (chirurgie, chimiothérapie, radiothérapie) sera également étudiée.

La mise en évidence de risques de santé à long terme secondaire à l’exposition à ces nouveaux agents thérapeutiques en pédiatrie conduirait à mettre en place des mesures de suivi spécifique.

Le projet Horus a été lauréat de de l’appel à manifestation d’intérêt Unibase 2, porté en partenariat avec la Ligue contre le cancer et Unicancer. Il bénéficie dans ce cadre d’un accompagnement financier et d’un accès à la plateforme technologique de la Plateforme des données de santé.

 

Résultats/livrables

Les algorithmes et composants technologiques développés dans le cadre du projet Horus seront mis à disposition de la communauté scientifique. Le projet Horus prévoit également l’utilisation d’auto-questionnaires (PROs) pour un suivi actif et prospectif des toxicités et de la qualité de vie. Ces auto-questionnaires seront élaborés également pour la plateforme internationale « ACCELERATE » qui réfléchit à la mise en place d’un registre international sur les effets à long terme post cancer infantile.

Chiffres clés

50 000
guéris d’un cancer pédiatrique en France