Audit clinique de la prise en soin des échinococcoses kystiques au CHU de Bordeaux entre 2008 et 2025
Objectif(s) de la recherche et intérêt pour la santé publique
Finalité de l'étude
Objectifs poursuivis
Domaines médicaux investigués
Bénéfices attendus
Introduction : L'échinococcose kystique (EK) est une parasitose dont la prise en charge, encadrée par le consensus OMS-IWGE 2010, reste multimodale et hétérogène en pratique. En France, le recours à la chirurgie semble plus fréquent qu'attendu (77 % selon l'observatoire OFREKYS), sans qu'aucune évaluation structurée de la conformité aux recommandations n'ait jamais été menée dans un centre.
Objectif : Estimer, par la méthode de l'audit clinique, la proportion de stratégies thérapeutiques conformes aux recommandations OMS-IWGE 2010 chez les patients pris en soins pour une EK au CHU de Bordeaux entre 2010 et 2025, et décrire les modalités diagnostiques et thérapeutiques associées.
Méthodes : Étude observationnelle, rétrospective et monocentrique (2008-2025), incluant les patients adultes présentant une EK possible, probable ou confirmée. Le critère de jugement principal était la conformité de la stratégie thérapeutique au référentiel OMS-IWGE 2010.
Résultats : 79 patients ont été inclus. Parmi les 61 patients évaluables, la stratégie était conforme, ou justifiablement déviante, dans 82 % des cas. Les écarts concernaient surtout un recours excessif à la chirurgie au détriment de stratégies moins invasives (médical seul, PAIR, surveillance active) ; aucun traitement percutané n'a été réalisé en 17 ans. Le bilan diagnostique initial n'était complet que chez 21 % des patients, surtout par défaut de stadification OMS. Le suivi médian (7,3 mois) était insuffisant, cohérent avec l'OFREKYS.
Conclusion : Ce premier audit clinique français sur l'EK montre une prise en charge globalement conforme, mais révèle des axes d'amélioration : stadification systématique, recours accru au mini-invasif et suivi structuré.
Données utilisées
Catégories de données utilisées
Source de données utilisées
Autre(s) source(s) de donnée(s) mobilisée(s)
Appariement entre les sources de données mobilisées
Variables sensibles utilisées
Justification du recours à cette(ces) variable(s) sensible(s)
La date de soins était important pour connaître les durées de traitement.
Recours au numéro d'identification des professionnels de santé
Plateforme utilisée pour l'analyse des données
Acteurs finançant et participant à l'étude
Responsable(s) de traitement
Type de responsable de traitement 1
Responsable de traitement 1
Localisation du responsable de traitement 1
Représentant du responsable de traitement 1
Calendrier du projet
Base légale pour accéder aux données
Encadrement réglementaire
Durée de conservation aux fins du projet (en années)
2
Existence d'une prise de décision automatisée
Fondement juridique
Article 6 du RGPD (Licéité du traitement)
Article 9 du RGPD (Exception permettant de traiter des données de santé)
Transfert de données personnelles vers un pays hors UE
Droits des personnes
Dans le cadre de mon étude, dont le fondement légal est l'article 6, paragraphe 1, e) du RGPD — la mission d'intérêt public — combiné à l'article 9, paragraphe 2, j), pour la réutilisation de données de santé à des fins de recherche, les droits des personnes prévus aux articles 15 à 20 du RGPD s'appliquent de manière différenciée, l'article 89 du RGPD autorisant le législateur national à en aménager certains pour ne pas compromettre la recherche.
Le droit d'accès, prévu à l'article 15, s'applique pleinement : tout patient inclus peut demander confirmation que ses données ont été réutilisées dans le cadre de mon audit et en obtenir une copie. Il en va de même pour le droit de rectification de l'article 16, qui permet à un patient de faire corriger une donnée inexacte le concernant.
Le droit à l'effacement, prévu à l'article 17, comporte sa propre dérogation pour la recherche : il peut être écarté dans la mesure où l'effacement rendrait impossible ou compromettrait gravement la réalisation des objectifs de l'étude, ce qui se justifie particulièrement pour un audit clinique rétrospectif où l'exhaustivité de la cohorte conditionne la validité du taux de conformité mesuré. Cette dérogation reste toutefois appréciée au cas par cas, et non appliquée de façon systématique.
Le droit à la limitation du traitement, prévu à l'article 18, peut lui aussi être restreint pour la recherche en vertu de l'article 89 du RGPD, mais il demeure listé comme applicable dans l'information type que la méthodologie de référence MR-004 impose de délivrer aux patients.
L'article 19, qui impose au responsable de traitement de notifier toute rectification, effacement ou limitation aux destinataires ayant reçu les données, n'est pas à proprement parler un droit individuel mais une obligation ; dans le cadre d'une étude monocentrique comme la mienne, sans transmission à des tiers externes, sa portée pratique reste limitée.
Enfin, le droit à la portabilité de l'article 20 ne s'applique pas à mon traitement : ce droit est en effet réservé aux traitements fondés sur le consentement ou sur l'exécution d'un contrat, ce qui n'est pas le cas ici puisque la base légale retenue est la mission d'intérêt public.
En synthèse, les droits d'accès et de rectification s'exercent normalement, le droit à l'effacement et le droit à la limitation peuvent être restreints lorsque leur exercice compromettrait gravement les objectifs de la recherche, et le droit à la portabilité est structurellement exclu.