N° 33332272

Comment la quantité d'amiodarone reçue avant une transplantation cardiaque peut-elle influencer le fonctionnement du cœur greffé dans les premiers jours suivant l'intervention (AMIODGP)

Partager

Objectif(s) de la recherche et intérêt pour la santé publique

Finalité de l'étude

Recherche, étude, évaluation

Objectifs poursuivis

Prise en charge des patients
Prévention et traitement
Compréhension des maladies
Sécurité des patients

Domaines médicaux investigués

Cardiologie

Bénéfices attendus

Introduction

La transplantation cardiaque est indiquée en cas d'insuffisance cardiaque terminale réfractaire au traitement médicamenteux. L'activité de greffe cardiaque en France représente 414 patients en 2024. La survie post greffe est actuellement de 77.7% à 1 ans, 68.4% à 5 ans et 56.1% à 10ans (1).

La dysfonction primaire (survenant dans les <24h post transplantation) de cause inexpliquée de greffon (DGP) est une complication redoutée en pratique courante affectant 43.7%(1) des patients greffés en France en 2024. Cette complication représente une cause majeure de mortalité en post transplantation ainsi qu’une cause d’allongement de la durée de séjour intra hospitalier (2).
Nous constatons localement (en concordance avec les données nationales, rapport ABM 2025) une évolution récente du profil des patients transplantés cardiaques vers un état de sévérité plus marquée (50% de patients transplantés sous ECMO dans notre centre en 2025, 21.3 % à l’échelle nationale (1)) et des suites de greffe plus lourdes (allongement des durées de séjours en réanimation et des jours passées sous ECMO en post greffe).

Différentes caractéristiques du donneur, du receveur ainsi que des données péri-opératoires ont été identifiées comme potentiels facteurs de risque à prendre en compte. Apparaissant comme facteur de risque modifiable de DPG (3,4), l’amiodarone retient particulièrement notre attention comme cible de modification de nos pratiques.

L’amiodarone est un traitement indiqué dans le contrôle des troubles du rythme ventriculaire (TV) et supra ventriculaire (TSV). En aigue, lors de la survenue d’une TV (ou TSV), une dose de charge per os ou en IV de 600-1200mg/24h pendant 8 à 10 jours peut être administrée afin de réduire le trouble du rythme. Une fois le rythme redevenu sinusal, l’amiodarone est prescrit au long cours à des doses de 200-400mg/jours afin de prévenir la récidive d’un trouble du rythme (5).
Les patients en insuffisance cardiaque sont plus à risque de développer des troubles rythmiques notamment ventriculaire et peuvent donc être exposés de façon chronique au traitement.

On observe notamment une hausse d’utilisation du traitement sur les 10 dernières années avec près de 30% des patients concernés en pré greffe cardiaque (3).

La survenue d’une tachycardie ventriculaire sous forme d’orage rythmique (plusieurs épisodes de TV en 24h) ou une TSV mal tolérée peut être une cause d’acutisation d’une insuffisance cardiaque chronique et ainsi devenir responsable d’un choc cardiogénique pouvant menant à une greffe en urgence.
Dans ce cas de figure, les patients peuvent recevoir des doses élevées d’Amiodarone (en dose de charge) en pré transplantation afin de tenter de réduire le trouble du rythme et stabiliser le patient.

Cependant, l’exposition à l'amiodarone en pré transplantation serait associée à un sur risque de mortalité de 15% à 1ans (3). Une étude rétrospective monocentrique a démontré qu'une augmentation de 100mg d'Amiodarone le jour de la greffe entraine un sur risque de dysfonction de greffon primaire de 55%(4).

Le dernier consensus sur la DGP de 2026 (6) considère l’exposition à l’amiodarone comme facteur de risque potentiel de survenue de DGP et 44% des centres experts en greffe envisagent de limiter l’utilisation de ce traitement chez les patients à haut risque de DGP. Il n’y a cependant pas de guidelines claires, le sujet étant toujours en cours d’étude.

Au vu de ces éléments, nous cherchons à étudier une relation d'effet dose de l'amiodarone sur les dysfonctions de greffe primaire à notre échelle locale afin d'améliorer le pronostic des patients transplantés cardiaques et de proposer un protocole de prise en charge, l’administration d’amiodarone en pré greffe étant en effet un élément sur lequel il nous serait facile d’agir.

Objectif principal
Etablir une relation dose-effet entre l’exposition à l’Amiodarone pré transplantation (mesurée en 3 groupes) et la survenue de dysfonction de greffon sévère (définit comme le recours à une assistance extra corporelle) dans les 24h post intervention.
Les trois groupes d’exposition à l’amiodarone seront :
- Groupe 1 : Pas d’exposition ou groupe contrôle (0mg d’Amiodarone/jours)
- Groupe 2 : Exposition habituelle à l’Amiodarone (200-400mg/jours)
- Groupe 3 : Exposition élevée à l’Amiodarone (>400mg/jours)

Objectif(s) secondaire(s)
Evaluer l’effet d’une exposition à l’amiodarone durant la période de pré transplantation sur :
- la mortalité à 1 an,
- la durée de séjour en réanimation,
- la durée de l’hospitalisation
- le nombre de jours sous amines
- le nombre de jours sous assistance extra corporelle en post greffe.
- la nécessité de ré intervention chirurgicale
- Autres complications : survenue d’une infection , recours à la dialyse

Données utilisées

Catégories de données utilisées

Informations relatives aux bénéficiaires de soins et de prestations médico-sociales
Informations recueillies à l'occasion d'activités de prévention, de diagnostic, de soins ou de suivi social et médico-social
Informations relatives aux pathologies des personnes concernées

Source de données utilisées

Autre

Autre(s) source(s) de donnée(s) mobilisée(s)

Dossiers Médicaux

Appariement entre les sources de données mobilisées

  Non

Variables sensibles utilisées

Année et mois de naissance
Date de soins (JJ/MM/AAAA)
Date de décès (JJ/MM/AAAA)

Justification du recours à cette(ces) variable(s) sensible(s)

L’année et le mois de naissance seront consultés afin de retrouver le patient, calculer l’âge au moment de la greffe puis anonymisés dans les données recueillies.
La date de décès des patients sera recueillie afin de réaliser des analyses sur la mortalité mais ne figureront pas dans les données finales.

Recours au numéro d'identification des professionnels de santé

  Non

Plateforme utilisée pour l'analyse des données

Autre

Acteurs finançant et participant à l'étude

Responsable(s) de traitement

Type de responsable de traitement 1

Etablissement public de santé (dont fédération)

Responsable de traitement 1

CHU DE MONTPELLIER

Avenue du Doyen Gaston Giraud 34295 Montpellier 34000 Montpellier France

Localisation du responsable de traitement 1
  Dans l'UE
Représentant du responsable de traitement 1

Responsable(s) de mise en oeuvre non cités comme responsable de traitement

Responsable de mise en oeuvre non cité comme responsable de traitement 1

CHU DE MONTPELLIER

Calendrier du projet

Date de début : 01/09/2026 – Date de fin : 31/12/2027 Durée de l'étude : 16
Etape 1 : Dépôt du projet
25/08/2026

Base légale pour accéder aux données

Encadrement réglementaire

Méthodologie de référence 004

Durée de conservation aux fins du projet (en années)

2

Existence d'une prise de décision automatisée

  Non

Fondement juridique

Article 6 du RGPD (Licéité du traitement)

(1)(e) exécution d’une mission d’intérêt public

Article 9 du RGPD (Exception permettant de traiter des données de santé)

(2)(i) intérêt public dans le domaine de la santé publique

Transfert de données personnelles vers un pays hors UE

  Non

Droits des personnes

une note d’information individuelle sur la recherche est transmise aux personnes concernées. Cette information est en conformité avec les articles 15 à 20 du RGPD

Délégué à la protection des données

CHU DE MONTPELLIER

Avenue du Doyen Gaston Giraud 34295 Montpellier 34000 MONTPELLIER France

dpo@chu-montpellier.fr