COMPLICATIONS INFECTIEUSES ASSOCIÉES AUX THÉRAPIES CELLULAIRES ET AUX ANTICORPS BISPÉCIFIQUES EN HÉMATOLOGIE
Objectif(s) de la recherche et intérêt pour la santé publique
Finalité de l'étude
Objectifs poursuivis
Domaines médicaux investigués
Bénéfices attendus
Les thérapies cellulaires comme les CAR-T cells (anti-CD19, anti-BCMA) et les anticorps bispécifiques (anti-CD20-CD3, anti-BCMA-CD3) — ont transformé le pronostic des hémopathies malignes B réfractaires ou en rechute et du myélome multiple, avec des taux de réponse globale de l'ordre de 40 à 74 % dans des situations autrement réfractaires. Ces traitements exposent toutefois les patients à une immunodépression profonde et prolongée, résultant de mécanismes souvent intriqués : lymphodéplétion, hypogammaglobulinémie liée à l'effet « on-target off-tumor », toxicités aiguës (syndrome de relargage cytokinique, neurotoxicité) parfois traitées par corticothérapie prolongée, et reconstitution immunitaire lente et incomplète.
Dans ce contexte, les complications infectieuses constituent une cause majeure de morbi-mortalité et représentent la première cause de mortalité non liée à la rechute. Les données publiées rapportent une incidence d'infections sévères (grade ≥ 3) de 20 à 40 % dans les premiers mois suivant les CAR-T cells, à prédominance bactérienne et virale, les infections fongiques invasives étant plus rares (3 à 14 %). Les anticorps bispécifiques, administrés de façon prolongée, induisent une immunodépression cumulée au risque infectieux distinct mais tout aussi significatif. Malgré des recommandations internationales, les pratiques de prophylaxie et les définitions des complications infectieuses restent très hétérogènes, les données de vie réelle demeurent limitées et les facteurs prédictifs d'infection sévère sont insuffisamment caractérisés — d'où l'intérêt d'une cohorte homogène incluant à la fois patients traités par CAR-T cells et par anticorps bispécifiques.
L'objectif principal est de décrire l'incidence et l'épidémiologie des épisodes infectieux sévères survenant dans les 24 mois suivant le début du traitement par CAR-T cells anti-CD19 (hémopathie B), CAR-T cells anti-BCMA (myélome multiple) ou anticorps bispécifiques. Les objectifs secondaires visent à préciser la chronologie des infections, à identifier les facteurs de risque (cliniques, biologiques, thérapeutiques), à évaluer l'impact des infections sur la survie globale et sans progression, à décrire la cinétique de reconstitution immunitaire (sous-populations lymphocytaires T/B/NK, immunoglobulines) et son lien avec le risque infectieux, à caractériser les pratiques de prophylaxie et à comparer la typologie des infections entre les différents types de traitement, à décrire les agents pathogènes identifiés et leurs profils de résistance.
Il s'agit d'une étude de cohorte observationnelle, monocentrique et rétrospective, conduite exclusivement à partir de données issues du soin courant et constituant une recherche n'impliquant pas la personne humaine au sens de la loi Jardé. Aucun acte de soin ni prélèvement supplémentaire n'est imposé par le protocole. La période d'étude couvre les patients traités depuis le premier traitement par CAR-T cells du centre (04/12/2019) jusqu'à la date de l'avis favorable du comité IRB Mondor.
La population inclut les patients âgés de 18 ans ou plus, atteints d'une hémopathie B (DLBCL, lymphome folliculaire, lymphome du manteau) ou d'un myélome multiple, traités par CAR-T cells (anti-CD19 ou anti-BCMA) ou par anticorps bispécifiques (anti-CD20-CD3, anti-BCMA-CD3 ou anti-FCRH-CD3), dans le cadre de l'AMM, d'une ATU/AAP ou d'un essai clinique. Le seul critère de non-inclusion est l'opposition du patient à l'utilisation de ses données. L'effectif attendu est d'environ 300 patients, sans calcul de puissance a priori (étude descriptive et exploratoire).
Les données seront extraites du système d'information hospitalier : dossier patient informatisé (ORBIS), résultats biologiques (NFS, immunoglobulines, sous-populations lymphocytaires, marqueurs inflammatoires), microbiologiques (hémocultures, sérologies, PCR, métagénomique NGS), imagerie et données de pharmacie (logiciel Chimio). Le critère de jugement principal est l'incidence cumulée des épisodes infectieux sévères documentés à 1, 12 et 24 mois, définis selon des critères standardisés (ECIL, TCT, EORTC/MSG pour les infections fongiques invasives, CTCAE pour la sévérité). Les critères secondaires comprennent notamment les facteurs de risque en analyses uni- et multivariée, la survie globale et sans progression, la mortalité liée à l'infection, le recours à la réanimation, la reconstitution immunitaire et les pratiques de prophylaxie.
Les analyses statistiques (logiciel R) associeront une description usuelle des variables (médiane [IQR] ou moyenne ± écart-type selon la distribution ; effectifs et pourcentages). L'incidence infectieuse sera estimée en tenant compte des événements compétitifs (décès sans infection) par la méthode de Fine et Gray. Les facteurs de risque seront explorés en analyse univariée (log-rank ou modèle de Cox), les variables associées à p < 0,20 étant introduites dans un modèle de Cox multivarié à sélection descendante pas à pas. Le seuil de significativité est fixé à p < 0,05 (test bilatéral).
Données utilisées
Catégories de données utilisées
Source de données utilisées
Autre(s) source(s) de donnée(s) mobilisée(s)
Appariement entre les sources de données mobilisées
Variables sensibles utilisées
Justification du recours à cette(ces) variable(s) sensible(s)
besoin de l'âge des patients, de mesurer la survie globale et sans progression, ainsi que la mortalité non liée à la rechute
Recours au numéro d'identification des professionnels de santé
Plateforme utilisée pour l'analyse des données
Acteurs finançant et participant à l'étude
Responsable(s) de traitement
Type de responsable de traitement 1
Responsable de traitement 1
Localisation du responsable de traitement 1
Représentant du responsable de traitement 1
Calendrier du projet
Base légale pour accéder aux données
Encadrement réglementaire
Durée de conservation aux fins du projet (en années)
15
Existence d'une prise de décision automatisée
Fondement juridique
Article 6 du RGPD (Licéité du traitement)
Article 9 du RGPD (Exception permettant de traiter des données de santé)
Transfert de données personnelles vers un pays hors UE
Droits des personnes
Conformément aux articles 15 à 21 du Règlement (UE) 2016/679 (RGPD) et à la loi n°78-17 du 6 janvier 1978 modifiée, les personnes concernées disposent des droits suivants sur les données les concernant traitées dans le cadre de cette recherche :
Droit d'accès (art. 15) et de rectification (art. 16) : les personnes peuvent obtenir communication et, le cas échéant, rectification des données les concernant, dans les limites liées à la pseudonymisation des données de recherche.
Droit à la limitation du traitement (art. 18) : applicable dans les conditions prévues par le RGPD.
Droit à l'effacement (art. 17) : ce droit peut s'exercer mais peut être limité conformément à l'article 17§3.d du RGPD, lorsque son exercice est susceptible de rendre impossible ou de compromettre gravement la réalisation des objectifs de la recherche.
Droit à la portabilité (art. 20) : non applicable, le traitement n'étant pas fondé sur le consentement ou un contrat mais sur l'exécution d'une mission d'intérêt public (art. 6.1.e et 9.2.j du RGPD), conformément à la méthodologie de référence MR-004.
Droit d'opposition (art. 21) : chaque patient éligible est informé individuellement de la recherche et de son droit de s'opposer à tout moment, sans avoir à se justifier, à l'utilisation de ses données. Ce mécanisme de non-opposition, décrit à la section 8.2 du protocole, est la condition d'entrée dans la recherche.
Ces droits peuvent être exercés en s'adressant à l'investigateur coordonnateur (Pr François Lemonnier, francois.lemonnier@aphp.fr) ou au Délégué à la Protection des Données de l'AP-HP (protection.donnees.dsi@aphp.fr).