Etude prospective des patients traités par radiothérapie stéréotaxique pour un cancer de prostate localisé de novo ou pour une récidive
Objectif(s) de la recherche et intérêt pour la santé publique
Finalité de l'étude
Objectifs poursuivis
Domaines médicaux investigués
Bénéfices attendus
Le cancer de la prostate est le cancer le plus fréquent chez l’homme en Europe; il s’agit de la deuxième cause de décès par cancer chez l’homme en France (INCA 2024). La radiothérapie est un traitement standard des stades localisés. La radiothérapie stéréotaxique selon un hypofractionnement « extrême » en 5 séances est maintenant un standard en particulier pour les cancers de risque intermédiaire (Van As 2024). Le Centre O. Lambret a récemment publié son expérience chez les 141 premiers patients traités avec le Cyber knife (Galienne 2024).
L’IRM offre un excellent contraste des tissus mous et permet une visualisation directe de la tumeur prostatique. L’IRM-Linac permet un suivi en temps réel du traitement grâce à l’imagerie cinématique (ciné-IRM), garantissant un « gating » précis de la prostate sans nécessiter de procédure invasive. L’IRM-Linac permet aussi de conformer si nécessaire le traitement aux variations anatomiques du patient grâce aux replanifications quotidiennes de la radiothérapie adaptative (ART), limitant ainsi l’irradiation des tissus sains et optimisant la couverture tumorale.
Une étude randomisée de phase III a comparé la radiothérapie prostatique guidée par IRM (MRIgRT) à une radiothérapie guidée par tomographie (CtgRT). Cette étude monocentrique a inclus 156 patients traités en cinq fractions, soit par une radiothérapie guidée par scanner avec une marge PTV de 4 mm autour du volume cible anatomoclinique (CTV), soit par une radiothérapie guidée par IRM avec une marge PTV réduite, sans adaptation quotidienne. Les résultats montrent une réduction significative des toxicités aiguës urinaires et digestives de grade ≥2 dans le groupe traité par IRM-Linac. En effet, la toxicité génito-urinaire aiguë de grade ≥ 2 était observée chez 24,4 % des patients traités par IRM-Linac contre 43,4 % dans le groupe de radiothérapie guidée par scanner (p = 0,01). De même, la toxicité gastro-intestinale aiguë de grade ≥ 2 était significativement moindre dans le groupe IRM (0 % versus 10,5 %, p = 0,003) (Kishan 2023). L’actualisation des résultats à 2 ans de cette étude, parue en 2024, confirme ce bénéfice avec une diminution significative des toxicités tardives dans le groupe traité par IRM-Linac. La toxicité urinaire tardive de grade ≥ 2 était moins fréquente dans le groupe IRM (27 %) comparée au groupe CT (51 %, p = 0,004). De même, la toxicité digestive tardive de grade ≥ 2 était significativement réduite chez les patients traités par IRM-Linac (1,4 % vs 9,5 %, p = 0,025) (Kishan 2024). Ces résultats suggèrent donc que le gating et la réduction des marges PTV permis par l’IRM-Linac améliorent non seulement la tolérance aiguë mais limitent également la toxicité tardive.
La radiothérapie stéréotaxique est également une option thérapeutique chez les patients présentant une récidive locale intra prostatique après une première radiothérapie externe ou une curiethérapie (Michalet 2022, Pasquier 2019, 2023).
L’IRM Linac pourrait permettre une amélioration du ratio thérapeutique chez ces patients à haut risque de présenter des toxicités, par la réduction des volumes de tissus sains re irradiés et l’adaptation quotidienne si nécessaire du plan de traitement.
Historiquement au Centre Oscar Lambret, la radiothérapie était réalisée dans ces indications par Cyberknife, ce qui suppose la pose de fiduciels. Depuis l’installation de l’IRM-Linac, cette approche est privilégiée, essentiellement car elle permet d’éviter la pose de fiduciels, d’autant plus que la pose de fiduciels dans le contexte de la re irradiation de loge nécessitait une expertise radiologique (pose réalisée dans le service de radiologie du CHU). A ce jour, le bénéfice de l’IRM-Linac en comparaison du Cyberknife en termes de contrôle local et de toxicité n’est pas démontré pour les irradiations de novo.
Cependant, les possibilités de radiothérapie adaptative méritent d’être évaluées, en particulier dans le contexte de la ré-irradiation.
Par ailleurs, dans ces deux populations (de novo et récidive), l’utilisation de pseudo scanners synthétiques générés par le dispositif médical MR-Box (IRM Linac) permet de simplifier la procédure de planification, en évitant le scanner de planification (BrouBoni 2021).
Objectif principal : Evaluer la toxicité aigüe et tardive de la radiothérapie stéréotaxique chez les patients pour un cancer de prostate localisé, de novo et à la récidive
Objectifs secondaires :
- Evaluer la survie sans récidive biochimique, locale et métastatique dans les deux populations,
- Evaluer la survie globale dans les deux populations,
- Evaluer spécifiquement la toxicité aigüe et tardive chez les patients dont la planification a été réalisée avec un scanner synthétique généré par la MR Box (projet Thera-SPACE),
- Décrire les données dosimétriques de planification (cible et organes à risque),
- Quantifier les séances réalisées sans et avec radiothérapie adaptative,
- Quantifier les différences dosimétriques de re-planification quotidienne chez les patients traités pour une récidive.
Données utilisées
Catégories de données utilisées
Source de données utilisées
Autre(s) source(s) de donnée(s) mobilisée(s)
Appariement entre les sources de données mobilisées
Variables sensibles utilisées
Justification du recours à cette(ces) variable(s) sensible(s)
Variables nécessaires à la réponse aux objectifs de l’étude
Recours au numéro d'identification des professionnels de santé
Plateforme utilisée pour l'analyse des données
Acteurs finançant et participant à l'étude
Responsable(s) de traitement
Type de responsable de traitement 1
Responsable de traitement 1
Localisation du responsable de traitement 1
Représentant du responsable de traitement 1
Calendrier du projet
Base légale pour accéder aux données
Encadrement réglementaire
Durée de conservation aux fins du projet (en années)
3
Existence d'une prise de décision automatisée
Fondement juridique
Article 6 du RGPD (Licéité du traitement)
Article 9 du RGPD (Exception permettant de traiter des données de santé)
Transfert de données personnelles vers un pays hors UE
Droits des personnes
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