N° 28574944

Evaluation de la consommation de psychotropes en fonction de l’âge chez les patientes diagnostiquées pour un cancer du sein métastatique : Etude en vie réelle à partir des données de la Cohorte ESME avec appariement indirect au SNDS

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Objectif(s) de la recherche et intérêt pour la santé publique

Finalité de l'étude

Recherche, étude, évaluation

Objectifs poursuivis

Prévention et traitement
Prise en charge des patients

Domaines médicaux investigués

Cancérologie

Bénéfices attendus

Le diagnostic d’un cancer du sein métastatique engendre des défis psychosociaux plus importants que ceux d’un cancer du sein localisé [29] et ce d’autant plus que les femmes sont jeunes. En effet, les jeunes femmes font face à des défis et des besoins particuliers, notamment parce qu’elles sont plus susceptibles d’avoir une relation de couple relativement récente, de jeunes enfants et une carrière en pleine ascension. Ces patientes ont des besoins d’accompagnement et de prise en charge spécifiques qui doivent être rapidement pris en considération : arrêt de travail, planification de la vie familiale (garde d’enfants, …)..
Plusieurs publications soulignent le manque de recherche concernant cette problématique [26] et le manque de données concernant la consommation de psychotropes chez ces patientes diagnostiquées et traitées pour un cancer du sein métastatique. Ce projet permettra d’obtenir une estimation de cette consommation et les résultats obtenus au cours de ce projet serviront de base pour proposer une étude prospective interventionnelle de plus grande envergure visant à prendre en charge précocement les troubles anxio-dépressif. Il s’agit d’un enjeu crucial pour l’amélioration de leur qualité de vie mais également pour limiter leur exposition massive, répétée ou prolongée aux psychotropes (anxiolytiques, antidépresseurs).

Cancer du sein métastatique
Avec 33 % des cancers féminins en France, le cancer du sein se situe au premier rang des cancers incidents chez la femme. Il s’agit également du cancer qui cause le plus grand nombre de décès chez la femme, avec 14 % des décès féminins par cancer en 2018. Chaque année en France, 10% des cancers du sein sont diagnostiqués chez des femmes de moins de 40 ans (soit 5 000 cas dont 1 500 avant 35 ans). Selon plusieurs études [1,2], l’incidence mondiale du cancer du sein augmente et cette augmentation semble plus importante chez les femmes jeunes [3,4].
Bien que le cancer du sein métastatique reste une maladie incurable, son pronostic peut être très hétérogène, avec une survie globale allant de moins de 2 ans à plus de 5 ans, en fonction de plusieurs facteurs pronostiques [5]. En situation métastatique, plusieurs études ont mis en évidence que l’âge (<= 40 ans au diagnostic) et la présence de métastases au moment du diagnostic initial (de novo) sont des facteurs associés à une meilleure survie globale [5–8]. Quel que soit le sous-type histologique (RH+/HER2- ou HER2+ ou TNBC), les patientes présentant un cancer du sein métastatique de novo présentent un meilleur pronostic que les patientes en récidive métastatique après un cancer du sein localisé.
Concernant l’âge comme facteur pronostique, les patientes âgées de moins de 40 ans et avec un cancer du sein à récepteurs hormonaux positifs ou HER2+ présentent une survie plus importante que leurs homologues plus âgées [9–11]. Cet effet pronostique lié à l’âge n’a pas été observé dans le cadre des cancers du sein triple négatif [12]. Dans le cadre des cancers de stade précoce, il a été montré à l’inverse que les patientes jeunes présentent un risque plus élevé de rechute ou de décès que les patientes âgées avec un effet pronostique plus important chez les patientes présentant une maladie RH+ [12,13]. Plusieurs arguments peuvent être évoqués pour expliquer le meilleur pronostic des patientes jeunes en situation métastatique. Les jeunes femmes présentent moins de comorbidités et pourraient donc tolérer plus facilement plusieurs lignes de traitement, ce qui se traduirait par un contrôle plus long de la maladie. Cela expliquerait l'absence d'effet de l'âge chez les patientes atteintes d'un cancer du sein triple négatif, pour lesquelles il n'existait jusqu'à récemment que très peu d'options thérapeutiques au-delà de la première et de la deuxième ligne de traitement [14]. D'autre part, l'effet pronostique favorable du jeune âge pourrait être le résultat d'un biais de sélection des traitements. En effet, les femmes jeunes pourraient avoir plus de chances de recevoir des traitements efficaces et novateurs. Par exemple, une étude réalisée à partir des données de la cohorte ESME a montré que la chimiothérapie et les thérapies anti-HER2 étaient moins fréquemment utilisées chez les patientes plus âgées, ce qui se traduit par une survie globale plus coute chez les femmes de plus de 60 ans [5].

Troubles anxio-dépressifs et cancer du sein métastatique
Le diagnostic d’une maladie non curable comme le cancer du sein métastatique est fortement anxiogène. La dépression et l'anxiété sont des symptômes courants chez les patients atteints de cancer, avec des taux variant entre 11 % et 57 % pour la dépression et entre 6,5 % et 23 % pour l'anxiété [15–17]. Ceci est d’autant plus vrai chez les femmes jeunes qui peuvent être particulièrement vulnérables en raison des facteurs de stress psychosociaux qui leur sont propres, tels que les bouleversements dans les rôles et responsabilités qu'elles assument dans la vie [18]. Une étude récente a révélé que l'anxiété était le problème psychologique le plus répandu chez les jeunes femmes atteintes de cancer du sein métastatique de novo [19]. Dans cette population de patientes, les prévalences des symptômes d’anxiété et de dépression étaient respectivement de 44% et 20%.
Les psychotropes en oncologie
Les psychotropes font partie de l’arsenal pharmacologique classique du traitement des états dépressifs et anxieux [20]. La consommation des psychotropes est fréquente chez les patients atteints de cancer et peut refléter une détresse émotionnelle, une altération de la qualité de vie (QoL) ou un trouble psychiatrique tel que la dépression [20]. Dans le champ de l’oncologie, certains psychotropes tels que les anti-dépresseurs ont été détournés de leur usage psychiatrique premier, l’épisode dépressif majeur. Dans ce contexte, ils comportent d’autres indications potentielles telles que l’asthénie, l’insomnie et les douleurs neuropathiques liées au cancer ou à ses traitements [21]. L’instauration des psychotropes est plus élevée chez les patients diagnostiqués pour un cancer que dans la population générale [20,22,23]. Dans une étude française visant à déterminer l'utilisation des médicaments psychotropes dans les cas de cancer solide et de lymphome, 32,1 % des patients avaient consommé des psychotropes au cours de l'année précédant le diagnostic, contre 52,6 % au cours de l'année suivant ce diagnostic, les anxiolytiques étant les plus fréquents [24]. Le moment du pic d'utilisation des psychotropes suggère que le traitement peut être destiné à des réactions d'ajustement à court terme, mieux gérées sans médicament. Dans cette étude avec une population hétérogène, la durée des traitements n’est pas compatible avec les recommandations réalisées pour la dépression [25].

Psychotropes et interactions médicamenteuses en oncologie
En raison d’un risque avéré d’interactions pharmacologiques avec les agents antinéoplasiques (cytotoxiques, thérapeutiques moléculaires ciblées, hormonothérapie), le maniement des psychotropes peut s’avérer complexe en oncologie [26,27]. Ces interactions médicamenteuses médiées par les voies de biotransformation impliquant les substrats du cytochrome P450 (CYP450), avec des possibilités d’induction ou d’inhibition de certaines isoenzymes du CYP450 (CYP2D6, CYP3A4, CYP1A2, CYP2C19, CYP2C9, …) peuvent avoir pour conséquence soit une majoration de la toxicité du médicament associé, soit une diminution de son efficacité thérapeutique [28]. Toutefois, en raison de leur mécanisme d’action plus sélectif, la nouvelle génération de psychotropes présente un risque d’interaction médicamenteuse plus faible.
Hypothèses de travail

Le diagnostic d’un cancer du sein métastatique engendre des défis psychosociaux plus importants que ceux d’un cancer du sein localisé [29] et ce d’autant plus que les femmes sont jeunes. En effet, le diagnostic d’un cancer métastatique a un impact majeur sur leur vie quotidienne familiale, mais aussi leur vie sociale et professionnelle avec bien souvent un impact financier négatif. Par conséquent, l’incidence des troubles anxio-dépressifs est plus importante avec un fort besoin de soutien et d’accompagnement . La prise en charge des troubles anxieux chez ces patientes est un enjeu crucial pour l’amélioration de la qualité de vie des patientes mais également pour limiter leur exposition massive, répétée ou prolongée à ces médicaments. À notre connaissance, il existe très peu de données chez les patientes traitées pour un cancer du sein métastatique. L’objectif de ce projet est d’étudier l’association entre la consommation de psychotropes et l’âge au diagnostic d’un cancer du sein métastatique (<45 ans vs >45 ans). Afin de répondre à cet objectif, nous proposons de réaliser une étude rétrospective observationnelle sur données de vie réelle avec appariement indirect au SNDS. Les résultats de ce projet serviront de base pour proposer une étude interventionnelle non médicamenteuse pour la prise en charge de l’anxiété de ces patientes mais également de l’iatrogénie médicamenteuse.

Objectif et critère de jugement principal
L’objectif principal de cette étude est d’étudier l’association entre la consommation de psychotropes et l’âge suite au diagnostic d’un cancer du sein métastatique.

Objectifs et critères de jugement secondaires
Les objectifs sont :
‒ Etudier l’association entre la consommation de psychotropes suite au diagnostic d’un cancer du sein métastatique et les paramètres clinico-pathologiques (sous type histologique, métastatique vs de novo…) et la situation socio-démographique.
‒ Etudier l’association entre la consommation de psychotropes pendant la 1re ligne de traitement, les paramètres clinico-pathologiques (sous type histologique, métastatique vs de novo…) et la situation socio-démographique.
‒ Etudier l’association entre la consommation des différents types de psychotropes suite à un diagnostic de cancer du sein métastatique et l’âge.
‒ Décrire le taux de patientes présentant une interaction médicamenteuse entre le psychotrope et le traitement antinéoplasique.
‒ Etudier le parcours de soins des femmes jeunes en prenant en considération la situation socio-démographique et les comorbidités.

Schéma de l’étude
Etude observationnelle, sur données de vie réelle provenant de la base de données Epidemio-Stratégie Médico-Économique Cancer du Sein Métastatique (ESME CSM) avec appariement indirect aux données du SNDS.
Critère de jugement principal :
Les psychotropes seront identifiés via leur classe ATC. Les codes ATC suivants seront pris en considération : NB05 (Hypnotiques), N05C (Anxiolytiques), N06A (Antidépresseur) et N05 (Antipsychotique). La consommation de psychotropes sera définie par la dispensation d’une de ces molécules entre 12 semaines précédant le diagnostic métastatique (Date Index) et 9 mois suivant le diagnostic métastatique. S’agissant d’une étude sur données de vie réelle, il est nécessaire de définir une « période de grâce » (Fenêtre autorisée). Le choix de cette période, qui permet d’avoir une durée d’observation d’un an, a été défini au regard d’une étude précédente qui avait mis en évidence une augmentation du risque d’utilisation des antidépresseurs [25]. La période d’observation débute 12 semaines avant le diagnostic afin de pouvoir considérer la consommation de psychotropes et la symptomatologie précoce de l’évolution métastatique. Pour une patiente déjà exposée à un psychotrope dans les 12 semaines précédant le diagnostic de cancer du sein métastatique, la consommation sera définie comme l’introduction d'un nouveau code ATC sans interrompre le psychotrope utilisé avant les 12 semaines. Autrement dit, nous distinguerons l’initiation (consommation incidente) de la poursuite d’un traitement par psychotrope (consommation prévalente) à partir du diagnostic. La consommation sera décrite en termes d’occurrence d’une délivrance d’une molécule appartenant aux classes d’intérêt, de type de molécules, du nombre de molécules différentes et leurs classes, ainsi que la durée d’exposition.

Critères de jugement secondaire :
Les critères de jugement secondaire en lien avec les objectifs secondaires sont présentés ci-dessous.
La consommation de psychotropes pendant la 1re ligne de traitement (Phase active de traitement) sera définie par les molécules identifiées dans la section critère de jugement principal. La consommation sera évaluée entre la date de début du traitement de la maladie métastatique et la date de progression.
Pour une patiente déjà exposée à un psychotrope avant le début du traitement, la consommation sera définie comme l’introduction d'un nouveau code ATC sans interrompre le psychotrope prescrit. Une durée de suivi plus longue pouvant conduire à un taux d’initiation supérieur, l’incidence de l’utilisation des psychotropes au cours de la 1re ligne de traitement sera estimée à différents temps à l’aide d’une modélisation à risques compétitifs avec comme événements : initiation des psychotropes (événement d’intérêt), progression ou décès (événement compétitif). La date d’origine pour le calcul des délais sera la date de début de traitement. Les patientes n’ayant présenté aucun des deux événements seront censurées à la date des dernières nouvelles.
Comme les paramètres associés à la prise des psychotropes peuvent être différents en fonction des périodes, une modélisation similaire pourra être réalisée avec comme date d’origine 6 mois post traitement.

Les différents types de psychotropes seront identifiés par leurs codes ATC : hypnotiques (NB05), Anxiolytiques (N05C), Antidépresseur (N06A) et Antipsychotique (N05).
La situation vis-à-vis de la précarité sera définie à l’aide des paramètres liés à la précarité des droits : CMU (CMU-C), les bénéficiaires de l'ACS (ACS), de l'AME (AME). L’indice territorial de désavantage social (FDep) permettra également d’approcher l’environnement socioéconomique des bénéficiaires à partir de la commune de leur résidence. La comorbidité sera évaluée par le score de Charlson, calculé pour l’année précédant le diagnostic, à partir de l’algorithme développé spécifiquement pour les bases de données médico-administratives [30], notamment le SNDS [31].
Les interactions potentielles entre les psychotropes et les principaux traitements antinéoplasiques seront définies conformément aux résumés des caractéristiques du produit (RCP). Les RCPs seront complétés par le recueil établi par l'Agence Nationale de Sécurité du Médicament et des produits de santé (ANSM). Ce document, intitulé "Thésaurus des interactions", est mis à jour annuellement (dernière mise à jour en octobre 2020) [32]. Il répertorie les interactions considérées comme cliniquement significatives en les classifiant en 4 catégories (WHO Collaborating Centre for Drug Statistics Methodology. ATC classification and DDD assignment.) : (1) combinaisons contre-indiquées, (2) combinaisons déconseillées, (3) précaution d'emploi, (4) combinaisons à prendre en compte.

Description et justification de la population d’étude
Critères d’inclusion :
‒ Patientes inclues dans la base de données Epidemio-Stratégie Médico-Économique Cancer du Sein Métastatique (ESME CSM) référencée au catalogue du HDH
‒ Patientes âgées de 18 ans et plus
‒ Prise en charge thérapeutique (radiothérapie, chimiothérapie, thérapie ciblée ou hormonothérapie) de la maladie métastatique(première évolution métastatique ou maladie métastatique d’emblée) dans un CLCC entre le 1er Janvier 2008 et le 31 Décembre 2015.

Critères de non inclusion
‒ Hommes

Taille de la population
Le nombre de sujets concernés dans ce projet correspond à l’effectif exhaustif des patientes intégrées dans la base de données ESME cancer du sein au cours de la période 2008-2015, soit environ 19000 patientes porteuses d’un cancer du sein métastatique. Des travaux précédents à partir des données de registre pour des cas de cancer du sein diagnostiqués en 2017 faisaient état de plus de 90% de taux d’appariement [33] Notre population est plus ancienne, avec une prise en charge de la maladie métastatique entre 2008 et 2015, période durant laquelle les données hors régime général du SNDS n’étaient pas toutes chargées. Supposant un taux d’appariement à 90% et sous l’hypothèse pessimiste où seuls les cas du régime général seraient identifiables dans le SNDS sur la période d’intérêt, nous estimons identifier environ 80% de l’échantillon total. Selon nos hypothèses de disponibilité des données et de performance de l’appariement, nous estimons un échantillon minimal de 11 200 patientes (80% de l’échantillon total). Il est attendu dans cette population 14% de patientes de moins de 45 ans [5], soit environ 1500 patientes de moins de 45 et 9700 patientes de plus de 45 ans.

Données utilisées

Catégories de données utilisées

Informations relatives aux bénéficiaires de soins et de prestations médico-sociales
Informations recueillies à l'occasion d'activités de prévention, de diagnostic, de soins ou de suivi social et médico-social
Informations relatives à la prise en charge sanitaire, médico-sociale et financière associées à chaque bénéficiaire

Autre(s) catégorie(s) de donnée(s) utilisée(s)

NA

Source de données utilisées

Autres sources

Composante(s) de la base principale du SNDS mobilisée(s)

DCIR
PMSI

Autre(s) source(s) de donnée(s) mobilisée(s)

Base(s) de suivi/surveillance

Appariement entre les sources de données mobilisées

  Non

Variables sensibles utilisées

Année et mois de naissance
Date de soins (JJ/MM/AAAA)

Justification du recours à cette(ces) variable(s) sensible(s)

Année et mois de naissance : Calcul de l’âge au diagnostic du cancer du sein métastatique.
Date de soins : Identifier les psychotropes (Critère principal : entre les 12 semaines précédant et les 9 semaines suivant le diagnostic, Critère secondaire : au cours de la première ligne de traitement) et définir les interactions médicamenteuses au cours de la même période.

Recours au numéro d'identification des professionnels de santé

  Non

Plateforme utilisée pour l'analyse des données

Plateforme technologique du HDH

Acteurs finançant et participant à l'étude

Responsable(s) de traitement

Type de responsable de traitement 1

Etablissement privé de santé (dont fédération)

Responsable de traitement 1

Oncopole Claudius Regaud

1 Avenue Irène Joliot-Curie 31100 Toulouse 31059 Toulouse Cedex 9 France

Localisation du responsable de traitement 1
  Dans l'UE
Représentant du responsable de traitement 1

Responsable(s) de mise en oeuvre non cités comme responsable de traitement

Responsable de mise en oeuvre non cité comme responsable de traitement 1

Oncopole Claudius Regaud

1 Avenue Irène Joliot-Curie 31100 Toulouse 31059 Toulouse Cedex 9 France

Calendrier du projet

Date de début : 01/01/2027 – Date de fin : 31/12/2029 Durée de l'étude : 36
Etape 1 : Dépôt du projet
16/01/2026
Etape 2 : Complétude
21/01/2026

Base légale pour accéder aux données

Encadrement réglementaire

Autorisation CNIL

Destinataire(s) des données

Destinataire des données 1

Oncopole Claudius Regaud

1 Avenue Irène Joliot-Curie 31100 Toulouse 31059 Toulouse cedex 9 France

Durée de conservation aux fins du projet (en années)

2

Existence d'une prise de décision automatisée

  Non

Fondement juridique

Article 6 du RGPD (Licéité du traitement)

(1)(f) intérêts légitimes du responsable de traitement

Article 9 du RGPD (Exception permettant de traiter des données de santé)

(2)(i) intérêt public dans le domaine de la santé publique

Transfert de données personnelles vers un pays hors UE

  Non

Droits des personnes

Information individuelle
L’entrepôt de données ESME a été initialement alimenté par des données issues de 3 sources préalablement constituées : Les bases de données ESME Cancer Sein, ESME Cancer poumon et ESME Cancer Ovaire qui comprenaient des données de santé pseudonymisées centralisées à partir de +50 000 dossiers médicaux issues des établissements de santé partenaires. Chacune de ces bases de données ESME disposait déjà d’une autorisation spécifique de traitement de la CNIL ayant pour finalité l’évaluation ou l’analyse des pratiques de soins déposé à l’aide du formulaire N° CERFA 1390*01 (Chapitre X de la Loi n° 78-17 du 6 janvier 1978 modifiée en 2004). Ce chapitre permettait une exemption d’information individuelle auprès du patient pour cette finalité (collecte de données rétrospectives en soins courants). Lors de la création de l’entrepôt ESME, cette exemption d’information individuelle a été conservée pour les personnes dont les données étaient issues des bases initiales et collectées antérieurement au 25/05/2018 (date d’entrée en vigueur du Règlement européen sur la protection des données N°2016/679). Ces éléments ont donc été repris lors du dépôt de la demande d’autorisation de constitution de l’entrepôt ESME soumis à la CNIL, autorisation (tacite) obtenue le 19 octobre 2019.
Une dérogation à l’obligation d’information individuelle est sollicitée pour les patients au titre de l’article 14.5 b) du RGPD car Unicancer a conservé une exemption d'information individuelle des patients, conformément aux éléments partagés ci-dessus et à l’argumentaire de dérogation transmis à la CNIL dans le cadre de l’autorisation tacite de l’entrepôt ESME, repris par le HDH dans le cadre du catalogue. Une information collective, conforme à l’article 14 du RGPD, relative à l’alimentation du catalogue a été réalisée sur la page dédiée à l’entrepôt ESME au sein du répertoire des bases du site du HDH et accessible sous ce lien.

Information collective
UNICANCER a mis en place un portail de transparence en janvier 2020 afin de permettre aux patients de connaître les projets dans lesquels leurs données sont réutilisées. Le projet sera présenté sur le site http://mesdonnees.unicancer.fr/ d’Unicancer. L’information affichée précisera que le HDH héberge les données du projet et que les données de la base principale du SNDS seront mobilisées. Pour pallier ce défaut d’information individuelle, l’Oncopole Claudius Regaud (OCR Toulouse) publiera également la note d’information relative à son projet sur le site internet Unicancer - Mes données de santé (https://mesdonnees.unicancer.fr/).

Exercice des droits
Le HDH ne disposant pas de l’identité des usagers, ces derniers peuvent exercer leurs droits en contactant directement les responsables de traitement des organismes à l’origine de la collecte des données concernées (la CNAM pour le SNDS, UNICANCER pour ESME).
UNICANCER a mis en place de nombreuses initiatives en faveur d’une gestion transparente et sécurisée des données personnelles des patients inclus dans l’entrepôt ESME.
Les personnes incluses dans l’étude MBCYP disposent d’un droit d’accès, de rectification, à la limitation, d’opposition, à l’effacement concernant leurs données personnelles. Elles peuvent exercer leurs droits auprès d'Unicancer par courriel (dpo@unicancer.fr) ou par courrier - UNICANCER, Délégué à la protection des données, 101, rue de Tolbiac – 75654 Paris Cedex 13 - tel qu’indiqué au sein de la note d’information spécifique de l’entrepôt ESME.
Si un patient estime, après avoir contacté les différents organismes à l’origine de la collecte des données concernées, que ses droits ne sont pas respectés, il peut adresser une réclamation en ligne à la CNIL ou par voie postale.

Délégué à la protection des données

UNICANCER

101 Rue de Tolbiac 75013 Paris 75654 Paris Cedex 13 France