Evaluation de la prévalence et de la prise en charge des patients atteints de Connshing dans l’ARC Alpin. – Etude CONNSHING_AA
Objectif(s) de la recherche et intérêt pour la santé publique
Finalité de l'étude
Objectifs poursuivis
Domaines médicaux investigués
Bénéfices attendus
Les glandes surrénales sont des glandes hormonales situées au-dessus des reins. Elles sont responsables de la sécrétion de plusieurs hormones dont l’aldostérone (par la zone glomérulée) et le cortisol (par la zone fasciculée). Un adénome surrénalien est une tumeur surrénalienne et est généralement monosécrétant. On parle d’adénome producteur de cortisol en cas de sécrétion de cortisol, qui se traduit cliniquement par un syndrome de Cushing. Les adénomes sécréteurs d’aldostérone sont appelés « Adénomes de Conn ».
Le « Connshing », nommé pour la 1ère fois par Arlt en 2017 mais étudié depuis plus de 40 ans, est une sécrétion simultanée d’aldostérone et de cortisol par un adénome surrénalien.
L’étude menée par Arlt en 2017, multicentrique et prospective sur 174 patients a montré que les patients atteints d'hyperaldostéronisme primaire présentaient une augmentation significative de l'excrétion de cortisol. La plupart des données de la littérature estiment entre 20 et 30% la prévalence de co-sécrétion cortisolique chez les patients atteint d’hyperaldostéronisme primaire, la majorité ayant un syndrome de Cushing subclinique. Le taux de rémission clinique post-surrénalectomie est plus faible dans le Connshing que dans l’hyperaldostéronisme primaire.
Le Connshing augmente la prévalence de l’hypertrophie ventriculaire gauche, du syndrome métabolique, du diabète/pré-diabète, de la fibrose vasculaire, d’insuffisance rénale, d’ostéopénie/ostéoporose avec fractures, d’anxiété/dépression, d’où l’importance de diagnostiquer de ce syndrome.
Les recommandations françaises actuelles, publiées par la SFE / SFHTA / AFCE dans le dernier consensus sur l’HTA en 2016 ne suggèrent pas de dépistage systématique de co-sécrétion de cortisol en cas d’hyperaldostéronisme primaire, sauf si suspicion clinique de Syndrome de Cushing ou découverte d’un incidentalome surrénalien.
Cependant, une production autonome d'aldostérone cliniquement pertinente provient rarement de tumeurs surrénaliennes contenant uniquement des cellules de la zone glomérulée. La recherche d’un Connshing doit donc être envisagé, notamment si la taille de l’adénome est importante, l’adénome de Conn étant généralement de petite taille.
Dans ce contexte, les recommandations internationales mises à jour en août 2025 par l'Endocrine Society recommandent, chez tous les patients avec un hyperaldostéronisme primaire associé à un adénome surrénalien, de réaliser un test de freinage par 1 mg de dexaméthasone pour rechercher une co-sécrétion de cortisol.
Le dépistage systématique de la co-sécrétion de cortisol n’étant pas recommandé et standardisées auparavant, les données des études sur la prévalence du Connshing sont probablement sous-estimées.
Une fois le diagnostic d’hyperaldostéronisme primaire posé, en présence d’un adénome surrénalien et si le traitement envisagé est chirurgical, l’étape suivante est de vérifier par cathétérisme des veines surrénaliennes que la latéralisation de la sécrétion d’aldostérone est concordante avec l’adénome surrénalien vu au scanner. En effet, la prévalence des adénomes surrénaliens augmentant avec l’âge, il est nécessaire de vérifier que c’est bien la surrénale porteuse de l’adénome qui est responsable de la sécrétion d’aldostérone et non la surrénale controlatérale. En effet, il n’est pas rare que finalement, la sécrétion d’aldostérone soit controlatérale à la surrénale porteuse de l’adénome.
Lors du KTVS, le taux d’aldostérone produit par chaque surrénale est normalisée par rapport à la production de cortisol.
Cependant, dans la thèse d’Eléa DUPARC, il a été démontré que lorsqu’il y a une co-sécrétion associée de cortisol notamment lorsque l’adénome est de taille relativement grande, le gradient latéral d’aldostérone normalisé par le cortisol peut être mis en défaut. Ceci montre que dans certains cas, le KTVS normalisé par le cortisol est en fait moins performant que la TDM et souligne l’intérêt de l’ajout du dosage d’adrénaline pour le calcul du gradient latéral et l’identification des candidats à la chirurgie. L’étude étant réalisée à petite échelle, les résultats sont difficilement interprétables, des études complémentaires d’évaluation diagnostic de la latéralisation par adrénaline sont donc nécessaires.
D’autre part, concernant le syndrome de Cushing associé à un nodule surrénalien au scanner, les recommandations sont claires, nous opérons du côté du nodule, sans KTVS, ce nodule étant considéré comme la cause de l’hypersécrétion.
La littérature est riche d’études sur l’hyperaldostéronisme primaire et le Syndrome de Cushing séparément, mais les données manquent pour l’intérêt du KTVS en cas de double sécrétion de cortisol et d’aldostérone. La sous-estimation probable des cas de Connshing pose également la question de l’interprétabilité des KTVS dans les études déjà publiées et qui n’ont pas recherché la double sécrétion puisque cela n’était jusque-là pas recommandé.
Le CHU Grenoble Alpes était, jusqu’à l’an dernier, le seul établissement à réaliser les KTVS et recevait donc l’ensemble des patients de l’Arc Alpin qui nécessitaient cet examen. Depuis l’an dernier, le CHANGE réalise également cet examen, d’où la proposition de collaboration pour le recueil des données.
Notre étude vise donc à :
- Evaluer de façon rétrospective et prospective la prévalence du Connshing chez les patients adressés au CHUGA (et au CHANGE pour la partie prospective) pour un KTVS.
- Evaluer le pourcentage de patients ayant effectivement bénéficié d’une recherche de co-sécrétion de cortisol et d’aldostérone
- Etudier la concordance de latéralisation du KTVS avec le scanner
- Apprécier l’efficacité de la latéralisation par les catécholamines
- Evaluer l’efficacité d’une intervention chirurgicale sur les deux types de sécrétion.
Données utilisées
Catégories de données utilisées
Source de données utilisées
Autre(s) source(s) de donnée(s) mobilisée(s)
Appariement entre les sources de données mobilisées
Variables sensibles utilisées
Justification du recours à cette(ces) variable(s) sensible(s)
Réponses aux objectifs de l’étude
Recours au numéro d'identification des professionnels de santé
Plateforme utilisée pour l'analyse des données
Acteurs finançant et participant à l'étude
Responsable(s) de traitement
Type de responsable de traitement 1
Responsable de traitement 1
Localisation du responsable de traitement 1
Représentant du responsable de traitement 1
Responsable(s) de mise en oeuvre non cités comme responsable de traitement
Responsable de mise en oeuvre non cité comme responsable de traitement 1
Responsable de mise en oeuvre non cité comme responsable de traitement 2
Calendrier du projet
Base légale pour accéder aux données
Encadrement réglementaire
Durée de conservation aux fins du projet (en années)
2
Existence d'une prise de décision automatisée
Fondement juridique
Article 6 du RGPD (Licéité du traitement)
Article 9 du RGPD (Exception permettant de traiter des données de santé)
Transfert de données personnelles vers un pays hors UE
Droits des personnes
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