N° 30824738

Mesure de l’efficacité vaccinale chikungunya en vie réelle

Partager

Objectif(s) de la recherche et intérêt pour la santé publique

Finalité de l'étude

Recherche, étude, évaluation

Objectifs poursuivis

Prévention et traitement

Domaines médicaux investigués

Maladies infectieuses

Bénéfices attendus

Le virus chikungunya (CHIKV) est transmis à l’homme par des moustiques du genre Aedes, principalement Aedes aegypti et Aedes albopictus. La maladie associée, appelée fièvre chikungunya, se manifeste typiquement par une fièvre brutale, accompagnée de céphalées, d'éruptions cutanées, de myalgies, et surtout de polyarthralgies intenses et invalidantes, touchant particulièrement les extrémités. Si la phase aiguë dure généralement de 5 à 10 jours, les douleurs articulaires peuvent persister plusieurs mois, voire des années, chez certains patients — en particulier les personnes âgées, les femmes, et ceux présentant des antécédents de maladies articulaires.
L'île de la Réunion a fait face à une nouvelle épidémie de chikungunya depuis le 21 août 2024. À la semaine du 18 mai 2025 (S20), 188 600 consultations médicales en ville pour des cas cliniquement évocateurs de chikungunya ont été estimées depuis le début de l’année 2025, ainsi que 2 674 passages aux urgences. Parmi ces cas, 66 ont été classés comme graves, définis par la présence d’au moins une défaillance d’organe. Ces formes sévères touchaient principalement les personnes âgées avec comorbidités et les nourrissons de moins de 3 mois.
Au cours de l'épidémie de Chikungunya à la réunion, 12 décès ont été confirmés comme liés au chikungunya (10 directs, 2 indirects), tous survenus chez des personnes âgées de 71 à 95 ans porteuses de comorbidités chroniques. 38 autres décès restent encore sous investigation, y compris deux enfants de moins de 6 mois.
Le nombre de cas confirmés biologiquement (PCR ou sérologie positive) est estimé à environ 51 000 cas autochtones depuis le début de l’année 2025. En parallèle, l’épidémie de chikungunya connaît également une recrudescence à l’échelle mondiale. Depuis le début de l’année 2025, environ 80 000 cas et 46 décès associés ont été rapportés dans 14 pays ou territoires, incluant les Amériques, l’Afrique et l’Asie.
Cette expansion géographique illustre la menace croissante posée par le virus chikungunya dans un contexte de mondialisation des échanges, de changement climatique, et d’extension des vecteurs dans des zones auparavant non endémiques.
En l’absence de thérapies antivirales spécifiques contre le chikungunya, la stratégie de lutte repose principalement sur le contrôle des vecteurs et, depuis Avril 2025, la vaccination est venue compléter ces efforts. Elle est initialement recommandée pour les adultes de 18 à 65 ans présentant un risque de forme grave, ainsi que pour les professionnels exposés, notamment les agents impliqués dans la lutte antivectorielle.

Deux vaccins sont actuellement disponibles en Europe :
• IXCHIQ® (Valneva)11 : vaccin vivant atténué autorisé en juin 2024, recommandé par la HAS pour la prévention du chikungunya chez les personnes âgées et comorbides.
• VIMKUNYA® (Bavarian Nordik)12 : Basée sur un virus like particule (VLP)autorisé en mars 2025 actuellement en attente des recommandations de la Haute Autorité de Santé (HAS) pour son utilisation.

Les essais cliniques d’efficacité pour les vaccins contre le CHIKV sont limités par le caractère imprévisible et explosif des épidémies. Ainsi, les autorisations reposent sur des corrélats immunologiques de protection.
Le vaccin IXCHIQ®, évalué par transfert passif de sérum de volontaires vaccinés chez des macaques, a montré une réduction significative de la virémie. Il a été approuvé par la FDA (novembre 2023) puis par la Commission européenne (juillet 2024) pour les adultes exposés au risque. Toutefois, l’efficacité clinique directe chez l’humain n’est pas démontrée.
Le vaccin VimKunya, basé sur des particules pseudo-virales (VLP), a également obtenu son AMM sur la base d’essais d’immunogénicité et de phase 3 menés principalement chez des adultes en bonne santé.
Des signaux de sécurité sont apparus à La Réunion : trois événements indésirables graves, dont un décès, ont conduit à exclure les ≥ 65 ans de la vaccination par IXCHIQ® (avis HAS, avril 2025). Ces incidents rappellent l’importance d’une surveillance post-vaccinale, incluant confirmation virologique systématique, analyses de séquençage et surveillance génomique pour distinguer les infections naturelles des effets potentiels du vaccin à virus vivant atténué. Toutefois, aucune donnée directe d’efficacité clinique chez l’humain n’est encore disponible.
Dans ce contexte, il est indispensable de mesurer des données sur l’efficacité en vie réelle contre le chikungunya. Nous proposons une étude observationnelle rétrospective Test-Negative Design (TND) sur l’île de la Réunion, en collaboration avec les laboratoires de ville et le CNR local des Arboviroses.
L’étude s’appuiera sur les réseaux de laboratoires de biologie médicale Cerballiance (La Réunion), qui réalise une part majoritaire des diagnostics biologiques ambulatoires (environ 50% du volume). Ce réseau de laboratoires communautaires ont initié, avec le CNR des Virus Respiratoire, le réseau RELAB (https://www.pasteur.fr/fr/espace-presse/documents-presse/reseau-relab-s… ) assurant la surveillance des virus influenza, VRS et SARS-CoV-2 à l’échelle nationale. Le réseau RELAB, avec plus de 970 000 patients inclus depuis octobre 2023, permet ainsi la surveillance épidémiologique et fournit les données d’efficacité vaccinale en temps réel. RELAB fonctionne sur la même organisation que celle proposée ici pour le Chikungunya.

L’objectif principal est d’estimer l’efficacité vaccinale en vie réelle contre l’infection symptomatique par le virus du chikungunya. Les objectifs secondaires sont (i) Mesurer l’efficacité vaccinale en fonction de caractéristiques individuelles : âge, sexe, présence de comorbidités et antécédents d’infection par le chikungunya ; (ii) Comparer l’efficacité selon le type de vaccin administré (IXCHIQ® vs VIMKUNYA®) et selon le délai depuis l’immunisation ; (iii) Evaluer la protection des vaccins administrés contre les formes graves tel que l’hospitalisation ou les complications sévères.

Le critère principal d’évaluation est la Comparaison de la proportion de vaccinés parmi les testés positifs et de la proportion des vaccinés parmi les testés négatifs. Les critères secondaires d’évaluation : (i) Comparaison du nombre de cas d’infections par chikungunya confirmée par PCR chez les personnes vaccinées et chez les non-vaccinées selon les variables suivantes : âge, présence ou non de comorbidités et antécédent déclaré d’infection par le chikungunya ; (ii) Comparaison de la proportion de personnes vaccinées parmi les cas de chikungunya confirmés, selon le type de vaccin reçu et le délai écoulé entre la vaccination et l’apparition des symptômes (iii) Comparaison du nombre d’hospitalisations et/ou de complications sévères lié à l’infection par Chikungunya chez les personnes vaccinées et les non vaccinées.

La population cible de cette étude est définie comme l’ensemble des personnes symptomatiques qui se sont présentées dans les laboratoires du réseau RELAB à La Réunion (Cerballiance) pour la réalisation d’un test PCR de détection du virus chikungunya, entre le 7 avril 2025 et le 1er avril 2026. En complément, et en cas d’identification de cas autochtones ou importés dans l’Hexagone, les données recueillies dans d’autres laboratoires du réseau Cerballiance (France métropolitaine) pourront également être mobilisées.

Données utilisées

Catégories de données utilisées

Informations relatives aux bénéficiaires de soins et de prestations médico-sociales
Informations relatives aux pathologies des personnes concernées
Informations recueillies à l'occasion d'activités de prévention, de diagnostic, de soins ou de suivi social et médico-social

Source de données utilisées

Autre

Autre(s) source(s) de donnée(s) mobilisée(s)

Dossiers Médicaux

Appariement entre les sources de données mobilisées

  Non

Variables sensibles utilisées

Aucune

Recours au numéro d'identification des professionnels de santé

  Non

Plateforme utilisée pour l'analyse des données

Autre

Acteurs finançant et participant à l'étude

Responsable(s) de traitement

Type de responsable de traitement 1

INSERM

Responsable de traitement 1

Yadanpanah

Rue d'Oradour-Sur-Glane 75015 Paris 75015 Paris France

Localisation du responsable de traitement 1
  Dans l'UE
Représentant du responsable de traitement 1
Ben Mechlia MOHAMED

Responsable(s) de mise en oeuvre non cités comme responsable de traitement

Responsable de mise en oeuvre non cité comme responsable de traitement 1

Meyer

16 Avenue Paul Vaillant-couturier 94800 Villejuif 94800 Villejuif France

Calendrier du projet

Date de début : 30/04/2026 – Date de fin : 31/12/2026 Durée de l'étude : 9
Etape 1 : Dépôt du projet
21/04/2026

Base légale pour accéder aux données

Encadrement réglementaire

Méthodologie de référence 004

Destinataire(s) des données

Destinataire des données 1

Meyer

16 Avenue Paul Vaillant-couturier 94800 Villejuif 94800 Villejuif France

Durée de conservation aux fins du projet (en années)

3

Existence d'une prise de décision automatisée

  Non

Fondement juridique

Article 6 du RGPD (Licéité du traitement)

(1)(e) exécution d’une mission d’intérêt public

Article 9 du RGPD (Exception permettant de traiter des données de santé)

(2)(i) intérêt public dans le domaine de la santé publique

Transfert de données personnelles vers un pays hors UE

  Non

Droits des personnes

L’étude proposée est conforme aux principes éthiques fondamentaux de la recherche en santé publique et en épidémiologie, tels que définis par la Déclaration d’Helsinki19 et les recommandations du Comité consultatif national d’éthique (CCNE)20.
L’étude proposée est une recherche n’impliquant pas la personne humaine (RNIPH). C’est une étude rétrospective, observationnelle, respectant la méthodologie de référence MR-004 de la CNIL.
La participation est libre et volontaire : les patients auront la possibilité de s’opposer à l’utilisation de leurs données et de leurs échantillons biologiques, à tout moment, sans conséquence sur leur prise en charge. Une information claire et adaptée est remise aux patients au moment du prélèvement, précisant la possibilité d’un usage secondaire des données dans le cadre d’études de recherche. Cette information comprend une affiche visible dans les lieux de prélèvement au moment du soin.
Par ailleurs, une note informative RGPD (Règlement Général de Protection des Données) est systématiquement intégrée à chaque compte rendu biologique. Elle précise la finalité du traitement des données personnelles, les droits des personnes concernées, ainsi que les coordonnées des délégués à la protection des données (DPO), adaptées à chaque région.
Les patients ont également accès à l’ensemble de ces informations via le portail de transparence de Cerballiance, qui recense les projets de recherche en cours. (https://www.cerballiance.fr/fr/les-projets-de-recherche-cerballiance). L’étude repose sur des données déclaratives et biologiques recueillies dans le cadre du soin courant, sans intervention supplémentaire ni modification du parcours de soins. Aucun traitement expérimental ni procédure invasive supplémentaire ne sont envisagés. La collecte de données est strictement limitée à ce qui est nécessaire, conformément au principe de minimisation des données.
La population de l’étude comprend les adultes symptomatiques se présentant pour un test PCR, sans distinction de genre, d’origine ou de statut socio-économique. Aucune stigmatisation d’un groupe spécifique n’est induite par la méthodologie ou les objectifs de l’étude.
Le traitement des données respectera le RGPD et la loi Informatique et Libertés (LIL).

Délégué à la protection des données

Inserm-ANRS MIE Département santé publique sciences de l'homme et de la société

Rue d'Oradour-Sur-Glane 75015 Paris 75015 Paris France

dpo@inserm.fr