Perceptions et pratiques des masseurs-kinésithérapeutes sur la prise en charge des patients atteints d’un syndrome de stress post-traumatique : Une étude exploratoire qualitative
Objectif(s) de la recherche et intérêt pour la santé publique
Finalité de l'étude
Objectifs poursuivis
Domaines médicaux investigués
Bénéfices attendus
Contexte et justification
2.1 La santé
Selon l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS), la santé se définit comme “un état de complet bien-être physique, mental et social, et ne consiste pas seulement en une absence de maladie ou d’infirmité”. La santé mentale est donc une composante importante et intégrante de la santé. (Honea et al, 2009)
2.2. Le rôle du masseur-kinésithérapeute
2.2.1 Un acteur de prévention et de promotion de la santé
En France, le code de la santé publique (article L4321-1) et le code de la déontologie (article R. 4321-63) indiquent que le masseur-kinésithérapeute a un rôle majeur dans la promotion de la santé et de la prévention. Cette vision s’aligne avec les standards internationaux En effet, selon l’American Physical Therapy Association (APTA), les masseurs-kinésithérapeutes possèdent un rôle de promotion du bien-être mental. ( APTA 2025)
2.2.2 Le modèle bio-psycho-social
Ce modèle met en avant le fait que les éléments biologiques, psychologiques et sociaux interagissent et peuvent perturber l’état de santé physique ou mental. Tout cela peut avoir un impact sur sa vie quotidienne. Il est donc important de prendre en compte tous les éléments entourant les éléments biologiques. (Berquin, 2010)
2.3 Un problème de santé publique : le syndrôme de stress post-traumatique
2.3.1 Le syndrôme de stress post traumatique (SSPT):
2.3.1.1 Définition et épidémiologie:
Classé parmi les troubles anxieux, selon le DSM-5, le SSPT se définit par le développement de symptômes caractéristiques après l’exposition, directe ou indirecte, à un ou plusieurs évènements traumatiques. (Vieweg et al. 2006) Les évènements suivants ont été définis comme étant traumatisants : violences volontaires, guerre, décès, les catastrophes naturelles, accident de la voie publique, un incident médical et les blessures graves. La personne a été exposée à la mort réelle ou à une menace de mort, à une blessure grave ou à une violence sexuelle de manière directe ou en étant témoins ou exposé de manière répétée ou que cela arrive à un proche. (DSM-5, 2013)
A l’échelle mondiale, l’OMS estime que 70% des personnes vivent un événement potentiellement traumatisant au cours de leur vie. (Kessler et al, 2017) L’enquête mondiale sur la santé, précise que 30,5% déclarent en avoir subi 4 ou plus. (Benjet et al, 2016) Parmi les personnes exposées, 5,6% développent un SSPT. (Koenen et al, 2017) La prévalence au cours de la vie est estimée à 8,3% aux Etats-unis, avec 8% chez les hommes et 20% chez les femmes. (Kilpatrick et al, 2013) De plus, une méta-analyse récente évoque une prévalence mondiale de 23,6%. (Hosseinnejad et al, 2022) L’ampleur réelle du SSPT est sous-estimée en raison de la variation des symptômes. (Yehuda et al, 2015)
Tableau clinique et manifestations :
Selon l’American Psychiatric Association (APA) , le SSPT s’articule autour de 3 principaux domaines symptomatiques. Nous retrouvons la reviviscence persistante de l’événement traumatisant, cela peut se manifester par des comportements le rappelant ou un sentiment de la reproduction de l’événement. Le deuxième symptôme est un évitement persistant des stimulis associés aux traumatismes et pour finir, la personne est en hyper vigilance constante. (Gupta, 2013)
Le traumatisme a des effets néfastes sur le bien-être physique, mental, social et émotionnel. (Center for Substance Abuse Treatment (US), 2014). Outre l’anxiété et le risque accru de suicide, l’exposition à un traumatisme augmente le risque de problème de santé physique (Briere et al, 2016) (Gradus, 2018) (Vieweg et al, 2006) (Habel et al, 2016) (Sommer et al, 2019) (Gupta, 2016) Il est reconnu que les symptômes physiques sont plus fréquents chez les patients atteints de SSPT (Gupta, 2016) Selon le DSM-5, la présentation clinique peut se repérer par des symptômes somatiques et de l’anhédonie. (DSM-5, 2013) On observe une prépondérance de troubles cardiovasculaires, respiratoires, musculosquelettiques, neurologiques, gastro-intestinaux, diabète, douleurs chroniques, selon diverses études.(Siqveland et al, 2017) (Song et al, 2018) (Gupta, 2016) On retrouve aussi des troubles du sommeil et des maladies auto-immunes. (Song et al, 2018) (Gupta, 2016) (Siqveland et al, 2017)
Tout cela s’explique par la physiologie. En effet, l’hypervigilance et l’interprétation catastrophique des sensations corporelles qui sont, dans la plupart du temps, normales, active le système nerveux autonome et peut se traduire par une tachycardie et des tensions musculaires, par exemple. (D’Souza et Hooten, 2025) C’est ce que le DSM-5 appelle le trouble à symptomatologie somatique. (DSM-5, 2013) C’est l’activation du système nerveux autonome qui crée les symptômes physiques en réponse à cette hypervigilance. Les facteurs de risques sont les abus sexuels par exemple et qui peuvent déclencher un SSPT. (D’Souza et Hooten, 2025) Le système nerveux est sensible.
Selon DSM-5, on retrouve une manifestation physique et une réaction psycho-comportementale. Dans un premier temps, les symptômes physiques, comme la fatigue et la douleur, sont persistants et gênants, voire invalidants. De plus, 80% de la population générale rapportent ces symptômes, et dans 13% des cas, ils persistent. La gravité est évaluée par la façon dont le patient interprète ces symptômes. (Smakowski et al, 2024) (DSM-5, 2013)
2.4 Justification de l’étude : le lien avec la masso-kinésithérapie
Ces données épidémiologiques et cliniques soulignent l’importance de savoir repérer le SSPT en kinésithérapie. En effet, Le SSPT s’accompagne, souvent, de dysfonctions somatiques incluant des douleurs chroniques, des tensions musculaires. Ce sont 2 choses que les masseurs-kinésithérapeutes rencontrent quotidiennement dans leur pratique. De plus, les douleurs chroniques sont fréquemment retrouvées corrélées, d’où l’importance de savoir dépister ce SSPT qui pourrait, dans certains cas, expliquer l’origine ou le maintien des douleurs.(Manuel, 2023)
Dans le contexte actuel où l’approche bio-psycho-social est majoritaire, l'évaluation des connaissances des masseurs-kinésithérapeutes sur les syndrômes de stress post-traumatique et leur manière de prendre en charge ces patients s’avère importante. Cependant, il existe actuellement peu de littérature sur les masseurs-kinésithérapeutes français à ce sujet. Tout cela justifie la pertinence de cette étude.
2.5 Objectifs :
L’objectif de cette étude est d’explorer les perceptions et les pratiques des masseurs-kinésithérapeutes français sur la prise en charge du SSPT.
Les objectifs secondaires sont d’identifier ce qui a été mis en place par les kinésithérapeutes lorsqu’ils rencontrent ce profil de patient. Celà permettra, aussi, de mettre en évidence les difficultés ressenties et rencontrées par les professionnels de santé face lors de ces prises en charge.
Question de recherche
Quelles sont les perceptions et les pratiques des masseurs-kinésithérapeutes lorsqu’ils rencontrent un patient atteint de SSPT?
Méthodologie :
Cette étude sera une étude qualitative, visant à recueillir des données sur les perceptions et les pratiques des masseurs-kinésithérapeutes lors de la prise en charge d’un patient atteint d’un SSPT.
4.1 Population cible :
Cette étude se focalisera sur 4 ou 5 masseurs-kinésithérapeutes diplômés d’Etat, exerçant en France. Dans le but d’obtenir une représentation variée, la population cible inclura des masseurs-kinésithérapeutes libéraux et des salariés, en centres de rééducations et/ou en centre hospitalier.
4.2 Critères d’inclusion
Les participants doivent être masseur-kinésithérapeutes diplomés d’Etat et parler français. Au moment de l’étude, ils devront être actifs. En effet, le kinésithérapeute doit être en contact avec des patients. Ils doivent être volontaires et donner leur consentement écrit et oral.
4.3 Méthode de collecte de données:
Les données seront recueillies par le biais d'entretiens semi-directifs que je retranscrirai à l’écrit.
Le guide d’entretien est structurée en plusieurs parties :
Présentation du kinésithérapeute
Expérience clinique en lien avec des événements traumatiques
Représentations et pratiques en lien avec des événements traumatiques
Représentations du SSPT par les kinésithérapeutes
Pratiques cliniques en lien avec le SSPT
Posture professionnelle et limites
Formations et besoins
Données utilisées
Catégories de données utilisées
Autre(s) catégorie(s) de donnée(s) utilisée(s)
Information relatives aux perceptions et pratiques des masseurs kinésithérapeutes sur une pathologie
Source de données utilisées
Autre(s) source(s) de donnée(s) mobilisée(s)
Appariement entre les sources de données mobilisées
Variables sensibles utilisées
Recours au numéro d'identification des professionnels de santé
Plateforme utilisée pour l'analyse des données
Acteurs finançant et participant à l'étude
Responsable(s) de traitement
Type de responsable de traitement 1
Responsable de traitement 1
Localisation du responsable de traitement 1
Représentant du responsable de traitement 1
Type de responsable de traitement 2
Responsable de traitement 2
Localisation du responsable de traitement 2
Le responsable de traitement est également responsable de mise en oeuvre
Calendrier du projet
Base légale pour accéder aux données
Encadrement réglementaire
Durée de conservation aux fins du projet (en années)
2
Existence d'une prise de décision automatisée
Fondement juridique
Article 6 du RGPD (Licéité du traitement)
Article 9 du RGPD (Exception permettant de traiter des données de santé)
Transfert de données personnelles vers un pays hors UE
Droits des personnes
Dans un projet de recherche, les droits des articles 15 à 20 du RGPD garantissent aux participants un contrôle sur leurs données personnelles. Le chercheur informe les participants sur le traitement de leurs données (droit d'accès) et leur offre la possibilité de corriger les informations inexactes (droit de rectification). Si un participant retire son consentement, il peut demander la suppression de ses données (droit à l'effacement), sauf si ces dernières sont encore nécessaires pour la recherche. En cas de désaccord sur l'usage des données, les participants peuvent limiter leur traitement (droit à la limitation). Enfin, si les données sont transférables, les participants peuvent les récupérer et les réutiliser ailleurs (droit à la portabilité). Le chercheur veille à respecter ces droits tout en assurant la confidentialité des informations traitées et en laissant ses coordonnées aux participants.