N° 34045278

Psychotraumatisme et vécu judiciaire chez les victimes de violences interpersonnelles (PSYJUD-UMJ)

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Objectif(s) de la recherche et intérêt pour la santé publique

Finalité de l'étude

Recherche, étude, évaluation

Objectifs poursuivis

Prise en charge des patients
Autre

Domaines médicaux investigués

Psychologie et psychiatrie

Bénéfices attendus

Introduction

Le service de médecine légale du CHU de Montpellier souhaite, au sein de l'Unité Médico-Judiciaire (UMJ), faire évoluer la pratique clinique. Il s'agira de proposer systématiquement des questionnaires validés de psychotraumatologie (questionnaires IES-R, PDEQ) lors de la consultation initiale, complétée par un rappel téléphonique standardisé à un mois (questionnaire PCL-5), proposée à l'ensemble des victimes majeures consultant pour violences volontaires interpersonnelles. Il ne s'agit pas d'une pratique déjà en place à l'UMJ mais ce projet constitue la phase de mise en œuvre et d'évaluation de cette nouvelle procédure de repérage systématique du psychotraumatisme.
Cette évolution de pratique se justifie par la fréquence élevée du trouble de stress post-traumatique (TSPT) après exposition traumatique : une revue systématique rapporte une prévalence moyenne de TSPT de 28,8 % à un mois (Santiago et al., 2013), confirmée par une méta-analyse plus récente retrouvant qu'un peu plus d'un quart des personnes présentent un TSPT à un mois post-traumatisme (Diamond et al., 2022). Une précédente étude menée dans notre propre service avait déjà montré l'intérêt de rechercher systématiquement des critères de stress aigu du DSM-5 chez les victimes examinées à l'UMJ du CHU de Montpellier (Perrot et al., 2018), mais sans évaluation prospective du devenir psychotraumatique à distance.
Aucune recommandation nationale ne définit à ce jour un protocole standardisé de repérage systématique du psychotraumatisme en contexte médico-judiciaire. La nécessité d'évaluer le retentissement psychologique des victimes examinées en UMJ est néanmoins clairement établie par la Haute Autorité de Santé, dont la recommandation de bonne pratique de 2011 sur le certificat médical initial des victimes de violences appelle explicitement les médecins légistes à mieux prendre en compte le retentissement psychologique des victimes examinées (HAS, 2011). Notre projet répond directement à ce besoin identifié par la HAS, en proposant d'objectiver ce retentissement à l'aide d'échelles validées, largement utilisées en pratique clinique et en recherche internationale (IES-R, PDEQ, PCL-5). Des démarches de structuration comparables de l'évaluation psychologique en routine ont par ailleurs été décrites dans d'autres UMJ françaises, notamment au CHU d'Angers (consultation psychologique systématique instaurée en 2014) et au CHU de Nice (consultation dédiée d'évaluation du retentissement psychologique pour les victimes de violences conjugales). Par ailleurs, et à la différence des questionnaires précédents, l'administration d'un questionnaire exploratoire sur le vécu des démarches judiciaires n'est pas une pratique clinique courante de l'UMJ : elle sera mise en œuvre spécifiquement dans le cadre de cette recherche. Sa justification repose sur une littérature montrant que le vécu des démarches judiciaires et policières peut constituer un facteur de « victimisation secondaire », associé à une aggravation des symptômes psychotraumatiques (Orth, 2002).
Ce projet comporte donc deux composantes distinctes : (1) l'analyse rétrospective des données issues des échelles de psychotraumatisme (IES-R, PDEQ, PCL-5, rappel téléphonique) issues de l’instauration de la nouvelle pratique du service, et (2) le recueil, spécifiquement pour la recherche, d'un questionnaire exploratoire sur le vécu judiciaire.

Objectif principal
À partir des données recueillies dans le cadre du suivi clinique courant de l'UMJ (questionnaires systématiques et rappel téléphonique à un mois), décrire la fréquence d'un trouble de stress post-traumatique (TSPT) probable à un mois, défini par un score PCL-5 ≥ 33 — seuil rapporté comme optimal pour le diagnostic de TSPT par la littérature de validation (Forkus et al., 2023), qui souligne toutefois que ce seuil varie selon les populations étudiées (de 22 à 49 selon les études), avec des seuils parfois plus élevés dans les populations fréquemment exposées à des traumatismes — chez les patients majeurs pris en charge pour violences volontaires interpersonnelles. Des analyses de sensibilité aux seuils de 31 et, le cas échéant, à un seuil plus élevé, seront donc réalisées.

Objectif(s) secondaire(s)
- Décrire les facteurs associés à la présence d'un TSPT probable à un mois (facteurs recueillis à l'inclusion : détresse aiguë et dissociation péritraumatique évaluées par l'IES-R et la PDEQ, type et caractère répété des violences, antécédents psychiatriques et traumatiques, caractéristiques socio-démographiques) ;
- Décrire les symptômes psychotraumatiques selon le type de violence subie, avec analyse descriptive par sous-groupes « violences conjugales » et « violences sexuelles » ;
- Décrire le recours aux soins psychologiques ou psychiatriques à un mois dans l'ensemble de la population étudiée, et le comparer selon la présence ou non d'un TSPT probable ;
- Explorer, à l'aide d'un questionnaire recueilli spécifiquement pour cette recherche (non issu de la pratique clinique courante), le vécu subjectif des démarches judiciaires (compréhension de la procédure, sentiment d'être écouté/cru/pris au sérieux, information reçue, impact émotionnel), et son association éventuelle avec l'évolution psychotraumatique ;
- Pour le sous-groupe des victimes de violences sexuelles, décrire l'évolution du vécu judiciaire et des symptômes psychotraumatiques lors du suivi à trois mois.

Données utilisées

Catégories de données utilisées

Informations relatives aux pathologies des personnes concernées
Informations relatives aux conditions sociales, environnementales, aux habitudes de vie et au contexte socio-économique des personnes concernées

Source de données utilisées

Autre

Autre(s) source(s) de donnée(s) mobilisée(s)

Dossiers Médicaux

Appariement entre les sources de données mobilisées

  Non

Variables sensibles utilisées

Aucune

Recours au numéro d'identification des professionnels de santé

  Non

Plateforme utilisée pour l'analyse des données

Autre

Acteurs finançant et participant à l'étude

Responsable(s) de traitement

Type de responsable de traitement 1

Etablissement public de santé (dont fédération)

Responsable de traitement 1

CHU DE MONTPELLIER

Avenue du Doyen Gaston Giraud 34295 Montpellier 34000 Montpellier France

Localisation du responsable de traitement 1
  Dans l'UE
Représentant du responsable de traitement 1

Responsable(s) de mise en oeuvre non cités comme responsable de traitement

Responsable de mise en oeuvre non cité comme responsable de traitement 1

CHU DE MONTPELLIER

Calendrier du projet

Date de début : 01/11/2026 – Date de fin : 30/06/2027 Durée de l'étude : 8
Etape 1 : Dépôt du projet
23/09/2026

Base légale pour accéder aux données

Encadrement réglementaire

Méthodologie de référence 004

Durée de conservation aux fins du projet (en années)

2

Existence d'une prise de décision automatisée

  Non

Fondement juridique

Article 6 du RGPD (Licéité du traitement)

(1)(e) exécution d’une mission d’intérêt public

Article 9 du RGPD (Exception permettant de traiter des données de santé)

(2)(i) intérêt public dans le domaine de la santé publique

Transfert de données personnelles vers un pays hors UE

  Non

Droits des personnes

une note d’information individuelle sur la recherche est transmise aux personnes concernées. Cette information est en conformité avec les articles 15 à 20 du RGPD

Délégué à la protection des données

CHU DE MONTPELLIER

Avenue du Doyen Gaston Giraud 34295 Montpellier 34000 MONTPELLIER France

dpo@chu-montpellier.fr