Psychotraumatisme et vécu judiciaire chez les victimes de violences interpersonnelles (PSYJUD-UMJ)
Objectif(s) de la recherche et intérêt pour la santé publique
Finalité de l'étude
Objectifs poursuivis
Domaines médicaux investigués
Bénéfices attendus
Introduction
Le service de médecine légale du CHU de Montpellier souhaite, au sein de l'Unité Médico-Judiciaire (UMJ), faire évoluer la pratique clinique. Il s'agira de proposer systématiquement des questionnaires validés de psychotraumatologie (questionnaires IES-R, PDEQ) lors de la consultation initiale, complétée par un rappel téléphonique standardisé à un mois (questionnaire PCL-5), proposée à l'ensemble des victimes majeures consultant pour violences volontaires interpersonnelles. Il ne s'agit pas d'une pratique déjà en place à l'UMJ mais ce projet constitue la phase de mise en œuvre et d'évaluation de cette nouvelle procédure de repérage systématique du psychotraumatisme.
Cette évolution de pratique se justifie par la fréquence élevée du trouble de stress post-traumatique (TSPT) après exposition traumatique : une revue systématique rapporte une prévalence moyenne de TSPT de 28,8 % à un mois (Santiago et al., 2013), confirmée par une méta-analyse plus récente retrouvant qu'un peu plus d'un quart des personnes présentent un TSPT à un mois post-traumatisme (Diamond et al., 2022). Une précédente étude menée dans notre propre service avait déjà montré l'intérêt de rechercher systématiquement des critères de stress aigu du DSM-5 chez les victimes examinées à l'UMJ du CHU de Montpellier (Perrot et al., 2018), mais sans évaluation prospective du devenir psychotraumatique à distance.
Aucune recommandation nationale ne définit à ce jour un protocole standardisé de repérage systématique du psychotraumatisme en contexte médico-judiciaire. La nécessité d'évaluer le retentissement psychologique des victimes examinées en UMJ est néanmoins clairement établie par la Haute Autorité de Santé, dont la recommandation de bonne pratique de 2011 sur le certificat médical initial des victimes de violences appelle explicitement les médecins légistes à mieux prendre en compte le retentissement psychologique des victimes examinées (HAS, 2011). Notre projet répond directement à ce besoin identifié par la HAS, en proposant d'objectiver ce retentissement à l'aide d'échelles validées, largement utilisées en pratique clinique et en recherche internationale (IES-R, PDEQ, PCL-5). Des démarches de structuration comparables de l'évaluation psychologique en routine ont par ailleurs été décrites dans d'autres UMJ françaises, notamment au CHU d'Angers (consultation psychologique systématique instaurée en 2014) et au CHU de Nice (consultation dédiée d'évaluation du retentissement psychologique pour les victimes de violences conjugales). Par ailleurs, et à la différence des questionnaires précédents, l'administration d'un questionnaire exploratoire sur le vécu des démarches judiciaires n'est pas une pratique clinique courante de l'UMJ : elle sera mise en œuvre spécifiquement dans le cadre de cette recherche. Sa justification repose sur une littérature montrant que le vécu des démarches judiciaires et policières peut constituer un facteur de « victimisation secondaire », associé à une aggravation des symptômes psychotraumatiques (Orth, 2002).
Ce projet comporte donc deux composantes distinctes : (1) l'analyse rétrospective des données issues des échelles de psychotraumatisme (IES-R, PDEQ, PCL-5, rappel téléphonique) issues de l’instauration de la nouvelle pratique du service, et (2) le recueil, spécifiquement pour la recherche, d'un questionnaire exploratoire sur le vécu judiciaire.
Objectif principal
À partir des données recueillies dans le cadre du suivi clinique courant de l'UMJ (questionnaires systématiques et rappel téléphonique à un mois), décrire la fréquence d'un trouble de stress post-traumatique (TSPT) probable à un mois, défini par un score PCL-5 ≥ 33 — seuil rapporté comme optimal pour le diagnostic de TSPT par la littérature de validation (Forkus et al., 2023), qui souligne toutefois que ce seuil varie selon les populations étudiées (de 22 à 49 selon les études), avec des seuils parfois plus élevés dans les populations fréquemment exposées à des traumatismes — chez les patients majeurs pris en charge pour violences volontaires interpersonnelles. Des analyses de sensibilité aux seuils de 31 et, le cas échéant, à un seuil plus élevé, seront donc réalisées.
Objectif(s) secondaire(s)
- Décrire les facteurs associés à la présence d'un TSPT probable à un mois (facteurs recueillis à l'inclusion : détresse aiguë et dissociation péritraumatique évaluées par l'IES-R et la PDEQ, type et caractère répété des violences, antécédents psychiatriques et traumatiques, caractéristiques socio-démographiques) ;
- Décrire les symptômes psychotraumatiques selon le type de violence subie, avec analyse descriptive par sous-groupes « violences conjugales » et « violences sexuelles » ;
- Décrire le recours aux soins psychologiques ou psychiatriques à un mois dans l'ensemble de la population étudiée, et le comparer selon la présence ou non d'un TSPT probable ;
- Explorer, à l'aide d'un questionnaire recueilli spécifiquement pour cette recherche (non issu de la pratique clinique courante), le vécu subjectif des démarches judiciaires (compréhension de la procédure, sentiment d'être écouté/cru/pris au sérieux, information reçue, impact émotionnel), et son association éventuelle avec l'évolution psychotraumatique ;
- Pour le sous-groupe des victimes de violences sexuelles, décrire l'évolution du vécu judiciaire et des symptômes psychotraumatiques lors du suivi à trois mois.
Données utilisées
Catégories de données utilisées
Source de données utilisées
Autre(s) source(s) de donnée(s) mobilisée(s)
Appariement entre les sources de données mobilisées
Variables sensibles utilisées
Recours au numéro d'identification des professionnels de santé
Plateforme utilisée pour l'analyse des données
Acteurs finançant et participant à l'étude
Responsable(s) de traitement
Type de responsable de traitement 1
Responsable de traitement 1
Localisation du responsable de traitement 1
Représentant du responsable de traitement 1
Responsable(s) de mise en oeuvre non cités comme responsable de traitement
Responsable de mise en oeuvre non cité comme responsable de traitement 1
Calendrier du projet
Base légale pour accéder aux données
Encadrement réglementaire
Durée de conservation aux fins du projet (en années)
2
Existence d'une prise de décision automatisée
Fondement juridique
Article 6 du RGPD (Licéité du traitement)
Article 9 du RGPD (Exception permettant de traiter des données de santé)
Transfert de données personnelles vers un pays hors UE
Droits des personnes
une note d’information individuelle sur la recherche est transmise aux personnes concernées. Cette information est en conformité avec les articles 15 à 20 du RGPD