Recours à la médecine traditionnelle par les femmes enceintes dans l’Ouest Guyanais : une enquête transversale descriptive - MEDFOG
Objectif(s) de la recherche et intérêt pour la santé publique
Finalité de l'étude
Objectifs poursuivis
Domaines médicaux investigués
Bénéfices attendus
La médecine traditionnelle, faisant largement appel aux plantes, est cruciale pour une grande partie de la population mondiale. Selon l’OMS, elle pourrait permettre de réaliser l’objectif d’un accès aux soins universel et financièrement abordable. C’est pourquoi l’organisation promeut un usage rationnel des médicaments traditionnels, et encourage des projets de recherche visant à renforcer les connaissances sur leur sécurité et leur efficacité.
En outre, une démarche scientifique interdisciplinaire, à l’intersection des sciences humaines et naturelles, s’intéresse à l’étude scientifique des plantes médicinales : l’ethnopharmacologie. Actuellement, plus de 20 000 plantes utilisées traditionnellement sont recensées. Toutefois, à peine 2 à 3000 d’entre elles ont fait l’objet d’études chimiques ou pharmacologiques, alors que près de la moitié des médicaments existants sont directement ou indirectement issus de la recherche sur les plantes.
La Guyane est le territoire européen à la biodiversité la plus riche. L’Office Français de la Biodiversité (OFB) y recense notamment 5500 espèces végétales dont plus de 1200 arbres (contre 135 dans l’Hexagone), et 96 % du territoire est recouvert par la forêt amazonienne. La reconnaissance de ce patrimoine écologique justifierait sa protection accrue contre les activités humaines et le dérèglement climatique.
À ce jour, seules 15 plantes guyanaises sont inscrites à la Pharmacopée française.
Au cours de la grossesse, de nombreuses femmes sont tentées d’utiliser les plantes médicinales à cause du risque perçu des médicaments allopathiques, alors que certaines molécules actives présentes dans ces plantes peuvent provoquer des effets indésirables (tératogénicité, interactions médicamenteuses) dont les mécanismes sont peu étudiés et mal compris.
En effet, la grossesse est une période à risque pour le développement embryo-foetal et l’enfant à naître, notamment via l’existence d’un passage transplacentaire. Cette situation appelle les soignants à mettre en place des mesures de précaution afin de diminuer les risques.
L’Ouest Guyanais (bassin du Maroni) représente un bassin de population multiculturel de plus de 90 000 personnes, dont les besoins sanitaires sont couverts par le Centre Hospitalier de l’Ouest Guyanais, seul établissement hospitaliser de recours. L’accent y est précisément porté sur la prise en charge de la mère et de l’enfant, au sein de la maternité de niveau 2B comptant plus de 3000 accouchements par an.
La structure accueille donc toutes les patientes enceintes du territoire au moment de l’accouchement, ce qui permettra d’inclure des patientes résidant dans des communes différentes, et observant des pratiques traditionnelles variées.
Le présent projet a pour objectif d’encourager la valorisation et l’intégration des pratiques traditionnelles aux soins primaires, tout en encourageant la sauvegarde de la biodiversité végétale.
Cette étude fournit l’opportunité de promouvoir une médecine plus intégrative et « centrée patient », associée au concept de santé planétaire, tout en améliorant les connaissances sur les pratiques traditionnelles des femmes enceintes, et à plus long terme motiver la poursuite de la recherche sur l’identification des plantes médicinales utilisées, voire un jour sur leurs effets biologiques.
Objectif principal :
- Estimer la prévalence du recours à la médecine traditionnelle par les femmes enceintes dans l’Ouest Guyanais
Objectifs secondaires :
- Décrire les pratiques traditionnelles des différentes populations (modes de préparation, durée de prise, sources d’information, entre autres)
- Explorer l’influence potentielle du professionnel de santé dans ce contexte (sage-femme, médecin généraliste, obstétricien) et l’interaction entre médecine traditionnelle et médecine institutionnelle
- Explorer le lien potentiel entre habitudes de consommation d’eau et certains évènements intercurrents de la grossesse (notamment l’hypokaliémie)
Données utilisées
Catégories de données utilisées
Source de données utilisées
Autre(s) source(s) de donnée(s) mobilisée(s)
Appariement entre les sources de données mobilisées
Variables sensibles utilisées
Justification du recours à cette(ces) variable(s) sensible(s)
La commune de résidence est nécessaire pour répondre aux objectifs secondaires de l'étude
Recours au numéro d'identification des professionnels de santé
Plateforme utilisée pour l'analyse des données
Acteurs finançant et participant à l'étude
Responsable(s) de traitement
Type de responsable de traitement 1
Responsable de traitement 1
Localisation du responsable de traitement 1
Représentant du responsable de traitement 1
Responsable(s) de mise en oeuvre non cités comme responsable de traitement
Responsable de mise en oeuvre non cité comme responsable de traitement 1
Calendrier du projet
Base légale pour accéder aux données
Encadrement réglementaire
Durée de conservation aux fins du projet (en années)
2
Existence d'une prise de décision automatisée
Fondement juridique
Article 6 du RGPD (Licéité du traitement)
Article 9 du RGPD (Exception permettant de traiter des données de santé)
Transfert de données personnelles vers un pays hors UE
Droits des personnes
Information des participants à l’étude
Information collective par affichage dans le service de maternité
Information individuelle de chaque participante au moyen d’une note d’information écrite. Pour les participantes mineures : information individuelle écrite pour la participante + information des représentants légaux par une note d’information écrite également.
Recueil de la non opposition orale pour la participation à l’étude et remplissage d’un formulaire de non opposition par l’investigateur principal dont une copie sera conservée dans le dossier médical de la participante. Dans le cas des mineures, recueil de la non opposition de la participante ainsi que de celles de ses représentant légaux.
Anonymisation
Chaque participante sera identifiée par un identifiant unique.
Cet identifiant sera reporté sur le questionnaire
Confidentialité des données :
Conformément aux dispositions législatives en vigueur, les personnes ayant un accès direct aux données sources prendront toutes les précautions nécessaires en vue d'assurer la confidentialité des informations relatives aux recherches, aux personnes qui s'y prêtent et notamment leur identité. Ces personnes sont soumises au secret professionnel. Pendant la recherche ou à son issue, les données recueillies sur les personnes transmises au gestionnaire seront codifiées. Elles ne doivent en aucun cas faire apparaître en clair les noms des personnes concernées ni leur adresse.
Conformité aux textes de référence :
Le gestionnaire et la(les) personne(s) qui dirige(nt) et surveille(nt) la recherche s’engagent à ce que cette recherche soit réalisée en conformité avec la déclaration d’Helsinki (qui peut être retrouvée dans sa version intégrale sur le site http://www.wma.net/en/30publications/10policies/b3/).
Les données enregistrées à l’occasion de cette recherche font l’objet d’un traitement informatisé au CH de Cayenne conformément aux dispositions de la loi relative à l’informatique, aux fichiers et aux libertés (loi n° 78-17 du 6 janvier 1978 relative à l’informatique, aux fichiers et aux libertés modifiée par la loi n° 2018-493 du 20 juin 2018 relative à la protection des données personnelles) et au règlement général sur la protection des données (règlement UE 2016/679). Cette recherche entre dans le cadre de la « Méthodologie de référence » (MR-004). Le CHC a signé un engagement de conformité à cette « Méthodologie de référence ». La base légale est celle de la mission d’intérêt public