Soigner malgré la barrière de la langue, le vécu des internes de psychiatrie : une étude qualitative IPSE
Objectif(s) de la recherche et intérêt pour la santé publique
Finalité de l'étude
Objectifs poursuivis
Domaines médicaux investigués
Bénéfices attendus
Intérêt :
Les patients allophones rencontrent des obstacles majeurs d’accès aux soins. Ces obstacles sont désormais bien identifiés dans de nombreuses études internationales.
Les personnes allophones constituent 10% de la population française selon l’INSEE.
Le fait d’être allophone est définit, dans le cadre de notre étude, comme ayant une autre langue que le français pour langue maternelle, (patient ne parlant ainsi pas ou peu Français).
La prise en charge des patients allophones est un enjeu de santé publique.
Il y a 10 ans, La loi de modernisation de notre système de santé (Janvier 2016) , promouvait ainsi la médiation sanitaire et l’interprétariat linguistique. Cette même loi avait confié à la Haute Autorité de santé (HAS) l’élaboration d’un référentiel de bonnes pratiques sur l’interprétariat en santé, publié en 2017. Malgré cela, le recours effectif à l’interprétariat professionnel demeure marginal dans les pratiques hospitalières quotidiennes. Une étude récente menée dans un Hôpital Universitaire Francilien (2025) révèle que devant des barrières linguistiques pourtant fréquentes, en pratique, les soignants recourent moins souvent à des interprètes professionnels qu’à d’autres stratégies. Ceci illustre bien l’écart entre bonnes pratiques recommandées et la réalité de terrain. Pour rappel lutter contre les inégalités de santé est l’enjeu de la mesure 27 du SEGUR de la Santé.
A l’échelle de l’Ile de France, cadre de notre recherche, « Favoriser l'accès aux soins des plus démunis, notamment des patients allophones » et « Développer la formation des médecins aux bonnes pratiques de prise en charge des patients allophones » sont des objectifs du PRAPS en complément des autres objectifs figurant dans le SRS 2023-2028.
En psychiatrie, où la sémiologie, le soin et l’alliance thérapeutique reposent en grande partie sur les éléments de communication; la barrière linguistique expose à des risques accrus d’erreurs diagnostiques, de perte de chances, d’incompréhensions ou encore de
ruptures de suivi.
Les internes, en contact avec ces patients dans les structures hospitalières ou ambulatoires, jouent un rôle essentiel dans la continuité et la qualité des soins.
Étudier leur vécu permettra d’identifier des leviers d’amélioration concrets en matière d’organisation des soins, de recours à l’interprétariat professionnel et de formation des médecins de demain.
Les résultats pourront contribuer à réduire les inégalités d’accès aux soins en santé mentale et à améliorer la qualité de prise en charge des patients allophones.
Objectifs :
L’objectif de ce projet est d’explorer l’expérience des internes de psychiatrie lors de la prise en charge de patients allophones.
Les objectifs secondaires sont :
- Identifier les obstacles perçus et les stratégies mises en place par les internes face à la
barrière linguistique dans leur pratique clinique.
- Explorer leur expérience du recours ou non recours à l’interprétariat professionnel et au
autres modalités de gestion de la barrière linguistique.
- Comprendre comment ces situations influencent la relation avec le patients, les soins,
le processus diagnostique et thérapeutique.
- Evaluer les enjeux de spécificité en psychiatrie et pédopsychiatrie.
- Evaluer les enjeux institutionnels, les pratiques sur le territoire francilien.
- Evaluer les enjeux de la formation des internes de psychiatrie en lien avec la prise en
charge des patients allophones.
- Produire des recommandations utiles pour les services, les facultés de médecine ou
les politiques de santé.
Éléments de méthode :
Design de l’étude
Il s’agit d’une étude qualitative, exploratoire et inductive, fondée sur la méthodologie IPSE (Inductive Process to analyze the Structure of lived Experience)
Il s'agit d'une méthode qualitative structurée et publiée s'inscrivant dans un paradigme constructiviste.
Le recueil de données se fera par entretiens semi-structurés de 45 à 60 minutes, qui seront audio-enregistrés puis intégralement retranscrits. Cette recherche est inductive et exploratoire, ce qui signifie que chaque entretien à vocation à enrichir les questions du suivant.
L’analyse se fera avec le logiciel Nvivo 15 en suivant les 5 étapes du processus IPSE pour chaque entretien :
1) Phase initiale de constitution du groupe de recherche avec chercheurs spécialisé sur thématique et expert de la méthode qualitative IPSE
2) Phase de vérification de l’originalité de l’étude et d’ancrage de sa justification informée par revue systématique de la littérature
3) Définition des critères d’inclusion et d’exclusion via un échantillonnage visant l’exemplarité « Purposive sampling »
4) Collecte des données avec si possible photoelicittation via support narratif visuel.
5) Analyse des données avec plusieurs écoutes et plusieurs lectures. Phase descriptive avec codage inductif mot à mot et élaboration "d’unités descriptives d'expérience" , puis regroupement de ces unités en "catégories " pour analyse transversale. À l’obtention de la suffisance théorique, structuration par regroupement des "categories" sous forme "d’axes d’expériences », facilitant la lecture des résultats. Triangulation et de confrontation a la littérature scientifique. Rédaction d’une structure phénoménologique du vécu et élaboration d’une synthèse intégrative.
Rédaction conforme aux critères COREQ.
L’objectif est de dégager une compréhension structurée du vécu des internes, permettant de traduire ces résultats en propositions concrètes pour optimiser leur formation et tendre a une amélioration de la qualité des soins pour les patients allophones en psychiatrie de manière plus générale.
Population d’étude :
La population cible est constituée d’internes de psychiatrie en Île-de-France ( où une formation théorique transculturelle est largement diffusée), exerçant en pédopsychiatrie ou psychiatrie adulte, ayant déjà été confrontés à la prise en charge de patients allophones durant leur cursus d’internat. Le recrutement se fait sur la base d’un échantillonnage raisonné (« purposive sampling ») avec des profils variés (semestres actuels variés, variation des terrains de stage, des parcours personnel, des types de prises en charges, des formations individuelles ou communes, vécus quintessentiels, typiques ou archétypiques).
Les critères d’inclusion ont, en effet, été définis pour viser l’exemplarité plutôt qu’une représentativité statistique. La taille finale de l’échantillon reposera sur la notion de suffisance théorique.
Données utilisées
Catégories de données utilisées
Autre(s) catégorie(s) de donnée(s) utilisée(s)
Vécu expérientiel de soignants (internes de psychiatrie) en situations cliniques
Source de données utilisées
Autre(s) source(s) de donnée(s) mobilisée(s)
Appariement entre les sources de données mobilisées
Variables sensibles utilisées
Recours au numéro d'identification des professionnels de santé
Plateforme utilisée pour l'analyse des données
Acteurs finançant et participant à l'étude
Responsable(s) de traitement
Type de responsable de traitement 1
Responsable de traitement 1
Localisation du responsable de traitement 1
Représentant du responsable de traitement 1
Responsable(s) de mise en oeuvre non cités comme responsable de traitement
Responsable de mise en oeuvre non cité comme responsable de traitement 1
Calendrier du projet
Base légale pour accéder aux données
Encadrement réglementaire
Destinataire(s) des données
Destinataire des données 1
Destinataire des données 2
Destinataire des données 3
Durée de conservation aux fins du projet (en années)
2
Existence d'une prise de décision automatisée
Fondement juridique
Article 6 du RGPD (Licéité du traitement)
Article 9 du RGPD (Exception permettant de traiter des données de santé)
Transfert de données personnelles vers un pays hors UE
Droits des personnes
NRIPH , méthodologie de référence MR-004
Le projet respecte les principes éthiques fondamentaux de la recherche en santé et les exigences RGPD NRIPH Selon loi Jardé, ordonnance MR-004 et est conforme a la dernière actualisation d’octobre 2024 de la déclaration d’Helsinki.
Les articles 15 à 20 RGPD (droit d'accès, de rectification, d'effacement, de limitation, de portabilité) ne peuvent s'appliquer une fois la pseudonymisation des retranscriptions des entretiens effectuée dans la mesure où il n'est plus possible pour l'investigateur d'identifier les personnes concernées. Le consentement et la destruction complète et définitive des données n'est possible que jusqu'à la pseudonymisation des entretiens, c'est-à-dire avant la retranscription de ces derniers.
Toutefois les participants à l’étude disposent des droits prévus par les articles 15 à 20 du RGPD : droit d’accès à leurs données, droit de rectification, droit d’effacement, droit de limitation du traitement, droit d’opposition et droit à la portabilité le cas échéant, avant la pseudonymisation (transcription).
Ils peuvent exercer ces droits à tout moment en contactant l’équipe de recherche ou le Délégué à la Protection des Données du CH d’Argenteuil (dpd@ch-argenteuil.fr).
L’exercice de ces droits ne remet pas en cause leur participation et n’aura aucune conséquence négative.
En cas d’exercice du droit d’effacement ou d’opposition, les données les concernant seront supprimées, sauf si elles ont été préalablement anonymisées dans le cadre de l’analyse (ce qui sera fait dès la transcription des entretiens).
Les résultats de la recherche étant entièrement anonymisés, aucun participant ne pourra être identifié dans les publications ou communications scientifiques issues de ce travail