04/12/2020

Les premiers projets pilotes d’utilisation des données de santé vont démarrer

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Projets pilotes

Moins d'un an après sa création, le Health Data Hub franchit une étape importante avec l’autorisation par la Commission Nationale Informatique et Libertés (CNIL) de quatre nouveaux projets, le tout premier avait été approuvé en mai dernier. Cette autorisation est essentielle puisqu’elle conditionne l’accès effectif aux données nécessaires à la conduite de ces projets. A partir de données de santé non nominatives, ces projets visent à améliorer la qualité des soins dans différentes disciplines (insuffisance rénale, cancer, pharmacovigilance, etc.). Il s’agira par exemple de comparer des prises en charge dans le cadre d’un cancer rare, en particulier le sarcome, ou de développer un outil de détection automatique des tumeurs sur les mammographies. Pour cela, des données non nominatives seront analysées de manière sécurisée grâce à la plateforme technologique du Health Data Hub, dans le respect du droit des patients.

 

Deep.Piste : améliorer le dépistage du cancer du sein grâce à l’intelligence artificielle 

Près de 12000 femmes décèdent chaque année du cancer du sein. En utilisant l'intelligence artificielle et les données de l’Assurance Maladie sur les consommations de soins, le projet Deep.Piste va développer une analyse automatique des mammographies et affiner la compréhension des facteurs de risque. Cela permettra d'identifier des cas pouvant bénéficier d'un allègement du dispositif de dépistage (en réduisant, par exemple, la fréquence des mammographies à réaliser pour certaines patientes dans le cadre du dépistage) ou en renforçant, pour d’autres, le parcours de dépistage. Le projet Deep.Piste est porté par la société Epiconcept en collaboration avec le centre régional de coordination des dépistages des cancers (CRCDC) d’Occitanie.

 

DeepSarc : une médecine personnalisée pour les patients atteints d’un sarcome

Les sarcomes sont des tumeurs rares et multiformes touchant des tissus mous, des os et des cartilages. Près de 4000 personnes chaque année en sont diagnostiquées, avec un sombre pronostic de survie. 40 ans de recherche clinique ont permis de construire la majorité des recommandations de traitement. Toutefois, en raison de la trop petite taille des cohortes, liée à la rareté de ces cancers, certaines questions n’ont pu être traitées par cette approche. Le projet DeepSarc, porté par le Centre Léon Bérard de Lyon, en partenariat avec l’Institut Bergonié, le Centre de Lutte Contre le Cancer de Bordeaux et l’Institut Gustave Roussy, propose une approche complémentaire en analysant les données d’une cohorte associées aux données de consommation de soin de l’Assurance Maladie, ceci pour identifier des traitements les plus adaptés à chaque profil de patient, favorisant ainsi ses chances de survie.

 

HUGO SHARE : limiter les interactions médicamenteuses et les ruptures thérapeutiques des patients à risque hospitalisés

Lors d’hospitalisations, les patients âgés atteints de maladies chroniques déjà traités en ville reçoivent très souvent des traitements additionnels. Ces patients peuvent donc être exposés à un risque important d’interactions médicamenteuses ou au contraire souffrir de l’interruption de leur traitement, pouvant mener à des conséquences plus ou moins graves sur la santé. Chaque année en France, le mauvais usage des médicaments est responsable de 10000 décès, parmi lesquels les patients de plus de 65 ans sont les plus touchés. Le projet Hugo Share porté par les Hôpitaux Universitaires du Grand Ouest (HUGO) a pour but, en recoupant les bases de données de six hôpitaux avec les données de consommation de soins en ville de l’Assurance Maladie, de mieux comprendre et prévenir ces interactions afin de protéger les patients les plus fragiles.

 

Rexetris, vers une plus grande personnalisation des traitements immunologiques pour les patients greffés d’un rein

Les informations concernant les relations entre expositions des patients aux médicaments et effets à long terme sont aujourd’hui très lacunaires, dans le cas général comme en transplantation d'organes. Dans le cadre d’un traitement à vie, la connaissance de ces relations permettrait d’optimiser les stratégies thérapeutiques, les doses mais aussi les formules de ces médicaments. Porté par le CHU de Limoges, avec l’appui de l’Inserm et de la société Optim’Care, le projet Rexetris étudie les relations entre l’exposition aux médicaments immunosuppresseurs et le devenir à long terme du patient greffé rénal et du greffon.

 

Ce sont des projets prometteurs qui vont ainsi pouvoir démarrer grâce à la mobilisation de l'équipe Demex de la CNAM pour leur mettre à disposition les données essentielles à leurs travaux, et à celle du Health Data Hub pour leur mise à disposition dans la plateforme technologique.